C’est trop injuste !

 In La rubrique de Frédérique

C’est trop injuste !
L’injustice est un penchant des plus répandus ; chacun, du lieu où il se trouve peut mettre à jour un pan d’injustice qui sévit dans le monde, révélation qui n’émerge qu’en échos à nos propres appréciations.
Il y a les riches et les pauvres, ceux qui ont et ceux qui n’ont pas, ceux qui cherchent et ceux qui n’ont pas la force de chercher, ceux qui rêvent et ceux qui ne savent pas rêver, ceux qui ont de la force physique, émotionnelle, mentale et ceux qui sont terrassés de faiblesse. Il y a ceux que la foi transcende et ceux qui se noient dans le désespoir ; il y a ceux qui vivent et ceux qui survivent.

La liste est longue et chacun est à même de la poursuivre…
C’est trop injuste !

Une fois que l’on s’indigne de l’état du monde donc de notre propre état intérieur, quelle est la prochaine étape ?
Constater l’injustice est une reconnaissance, un premier pas pour commencer à penser sa résolution.
Si c’est injuste, une voie plus juste est envisageable et peut être alors envisagée.
Il va sans dire que chaque solution sera encore pleine d’injustice mais permettra in fine, une avancée salvatrice sur l’échelle du plus juste.

C’est pas si juste !
Mais, qu’est-ce qui est juste ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Et quel est le plus petit domaine dans lequel chacun peut inscrire plus de justice ?
À donner à celui qui n’a rien, on le sauve de la famine mais on ne lui donne pas les moyens de subvenir à ses besoins.
S’il est juste d’apporter des premiers secours, il importe d’envisager immédiatement un programme pour que l’autre apprenne à pêcher plutôt qu’à consommer le poisson qu’on lui apporte sans chercher à construire les ressources qui le rendront autonome.
Ainsi ce qui est juste d’un point de vue, peut s’avérer injuste sous un autre angle.

Tout dépend encore et toujours d’une vision qu’il ne faut jamais arrêter à un périmètre fermé, si l’on ne veut pas créer et entretenir l’injustice là où l’on souhaitait la traiter.
Casse-tête permanent, où ce que l’on tente de faire est indispensable mais s’avère à terme, inadéquat !
C’est trop injuste !

Le faire s’attache toujours à l’urgence, au coup par coup, dont il faut nous extraire pour penser le futur.
L’urgence requiert une prise en charge, le traitement demande de se prendre en charge.
Alors, devant l’engagement à fournir, la difficulté peut décourager et prendre le voile apparent de l’injuste.

L’injustice est ce qui nous oblige à concevoir le plus juste et la révolte contre celle-ci nous permet d’avancer à petits pas vers un monde, qui à terme abritera de plus justes rapports.
En renonçant à nos plaintes multiples et à nos revendications particulières nous pouvons traverser les ponts de l’injuste et rejoindre l’Etre en qui gît la solution.

Nul autre ne peut avoir raison de l’injustice que l’on perçoit. Seuls la mobilisation intérieure et le courage d’être Soi, permettent de gagner du terrain sur la terre de justice.
Rude combat à mener, en puisant en nous les forces justes à faire triompher…sans chuter…
…Mais « La chute n’est pas un échec. L’échec c’est de rester là où l’on est tombé. » (Socrate)

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