Chemin caché des auxiliaires

 In La rubrique de Frédérique

Les auxiliaires sont au service des autres verbes ; ils perdent tout ou partie de leur sens en formant les temps composés de ceux auxquels ils s’allient et les qualifient pour mieux les magnifier.
Avoir ou Etre
Avoir pour Etre
Etre et avoir

Nos quêtes sont multiples et s’attachent à l’un ou l’autre de ces mots selon qu’elles gagnent les versants de l’être ou ceux de l’avoir.
Les conjugaisons auxiliaires portent les possibles qu’il nous faut découvrir pour les vivre pleinement.

Si l’avoir est moteur de l’existence, quand il s’agit d’avoir de l’attention, d’avoir un jouet, d’avoir de la reconnaissance, d’avoir un job, d’avoir de l’argent, d’avoir du pouvoir, d’avoir du respect, ou de tout autre avoir, il est toujours duel.
Il met en lien, le désir d’avoir et ce qu’il cherche à acquérir ; le moi et l’objet de la convoitise ; le moi et l’autre, dans un mouvement exigeant voire revendicatif fut-ce muettement, fut-ce secrètement, fut-ce inconsciemment.

L’avoir distille satisfaction et insatisfaction ; il engendre l’une ou l’autre au fil des circonstances.
L’avoir confère une certaine respectabilité à nos yeux comme à ceux des autres. Nos bagages divers nous qualifient ; avoir des connaissances, des références, des potentiels… La liste des avoirs peut tendre à l’infini.

Avec la reconnaissance de nos semblables, quelle que soit la raison qui la motive, nous gagnons nos lettres de noblesse et nous sommes enfin identifiés comme parés d’une certaine puissance.
Nous restons cependant, dépendants des autres, dépendants de l’objet convoité, dépendants du regard de l’autre, de son appréciation, dépendants de l’idéal qui nous meut et donne sens à l’existence.

Cette dépendance perdure longtemps, jusqu’à ce que la vanité de cette quête sans fin éclate tel un coup de tonnerre dans un ciel serein ! Rude constat qui invite à se tourner vers l’être qui lui n’attend plus mais accueille, ne veut plus mais rayonne, ne se monnaie plus mais transparaît quand nous nous offrons à l’essence même de ce que nous sommes sans revendiquer en retour.

L’avoir est avide, l’être incline à la gratuité.

Tout acte intéressé fut-il spirituel est le fruit du moi qui cherche à accroître un de ses domaines de prédilection. Chaque tentative pour s’élever en solo, est au fond, un désir de pouvoir.
A l’inverse, l’acte débarrassé de toute attente personnelle s’inscrit dans la pureté de l’être.
L’avoir a le gout du manifeste ; l’être, la saveur du subtil.
L’un est particule quand l’autre épouse la radiation de l’onde.
Partager l’avoir confronte à des limites, partager l’être relie à infini.

La magie des auxiliaires propose de découvrir le chemin qui va de l’un vers l’autre, qui passe de l’oubli de soi à la découverte du Soi, et inaugure une nouvelle ère du vivre ensemble, un nouveau regard sur notre communauté.

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