Crise d’effroi

 In La rubrique de Frédérique

La dévitalisation des têtes de l’Hydre* par les rayons solaires, se traduit dans nos vies par la réalisation, la mise en pleine lumière de ce que nous sommes, sous les différents masques qui couvrent nos laideurs.
Quand celles-ci apparaissent subitement, le choc est sismique, tout notre système est ébranlé.

Savoir que nous sommes avides de confort, de sexe, d’argent, que nous sommes orgueilleux, cruels, peureux, haineux, envieux et manipulateurs, n’impulse pas forcément de changements radicaux. Nous nous accommodons de nos penchants, les regardant parfois avec indulgence, voire avec satisfaction ! Ils font partie de nous et à ce titre, nous les condamnons tout en les affectionnant !

Comment dès lors se séparer de ce que nous aimons ?
Là est la question !

Nos petits travers apparaissent, çà et là… Nous les occultons souvent, les jugeant peu conséquents en regard des énormes défauts et bavures que nous voyons chez nos contemporains.

Ainsi notre regard fait loupe, il compare et décèle chez l’autre ce qui nous semble urgent de combattre ; par ce jeu d’optique, nous voyons la vilenie de l’autre sans saisir qu’elle est un miroir de la nôtre. Parce que nous vibrons sur une fréquence similaire, nous découvrons nos parentés d’émoi et nous projetons sur autrui toutes nos impuretés, incapables de reconnaitre qu’il n’est qu’un reflet de nous même.

« Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console » disait Talleyrand.

Mais vient un temps, où le mécanisme se grippe.
Notre visage apparaît clairement dans le marécage nourrissant nos pensées, nos paroles et nos actions ; alors, surgit l’image qui n’était pas encore passée au bain de la révélation.

La contemplation, la mise en lumière révèlent la vanité de toutes ces têtes, de toutes ces revendications, de toutes ces fausses identités, de tous ces leurres, ces mirages et ces illusions.
La lumière démystifiante est telle que chaque tête meure d’être dévoilée, reconnue dans toute sa fausseté, dans toute son ineptie.

Ainsi dévitalisées, elles cessent de lâcher leur venin dans le marécage et n’alimentent plus sa puanteur ; débarrassées progressivement de tout ce qui était fétide, les eaux se transforment en miroir de lumière.

Quand nos têtes sont mises à jour, dans la claire vision de l’âme, nous prenons la mesure intérieure et extérieure de nos monstruosités si souvent relativisées.

Le spectacle est alors saisissant, la personnalité en est terrifiée ; horrifiée de voir ce que nous sommes au quotidien, au point d’en être sidérée. Le changement, alors, s’impose !

Après l’effroi de ce que nous sommes, vient l’espoir de ce que nous sommes !
Ainsi nous croissons en lumière, nous élevons nos vibrations et par là-même assainissons les marécages.

De multiples fois, les têtes sont portées à la lumière jusqu’à l’instant qui pousse à affronter le « Grand Effroi » dans une traversée qui mène à la Sagesse.
En acceptant totalement l’épreuve, le guerrier sort triomphant de la bataille.

La joie d’être remplace alors, le bonheur d’être quelqu’un qui a …
… Mais, pas de panique ! L’affrontement ne survient que lorsque nous sommes prêts !!!

* Ce texte fait référence au travail d’Hercule intitulé « L’hydre de Lerne »

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