De concurrent à concourant

 In La rubrique de Frédérique

Le vivre ensemble exige don de soi, abandon de nos prérogatives personnelles pour concourir au bien commun, que celui-ci concerne le couple, la famille, le groupe, la société, le pays ou toute autre instance à laquelle nous sommes affiliés.

Ce n’est pas par soumission passive à une entité supérieure que nous y parviendrons mais en nous y consacrant, après avoir perçu le sens et la force d’amour qui pousse à l’union ; c’est une démarche active, consentante, discernant l’essentiel à servir dans chaque situation.
Nos acquis matériels, nos connaissances, nos pouvoirs ont fait de nous des êtres conscients, riches et capables d’offrir en toute intelligence, le meilleur à la communauté à laquelle nous contribuons.

Devenons des concourants au bien commun et non des concurrents dans un espace commun ; là est le défi proposé à nos personnalités pour rejoindre la conscience d’ensemble.
Vivre ensemble, travailler ensemble, ne se résume pas à occuper un même espace, à proférer les mêmes idées, mais demande de s’offrir à l’autre, aux autres, au sein de notre sphère partagée pour faire progresser le global qui nous inclut et nous dépasse.
Ainsi se construit la voie de l’amour véritable.

L’ensemble n’est pas une addition mais une nouvelle entité. Le groupe diffère de la somme des parties et pourtant, nous revendiquons volontiers une identité particulière plutôt que d’adopter celle de parcelle d’ensemble. Se donner n’annule en rien nos spécificités mais oriente nos regards sur la complémentarité et non sur la compétition.

Nos concurrences multiples, concurrence de place, concurrence de reconnaissance, concurrence d’initiative, concurrence de pouvoir, se travestissent de multiples façons, y compris sous des masques d’angélisme, de bonté apparente et de bons sentiments.

Toutes ces concurrences repérées ou inconscientes, avouées ou cachées polluent le bien vivre ensemble et n’y concourent pas. Elles alimentent les parties, les gonflent d’importance, de ressentiments et si l’on n’y prend garde, conduisent à terme à la séparation.

Se séparer pour garder le pouvoir, plutôt que de se donner pour créer ensemble une unité, plutôt que de nourrir le pouvoir de l’être en abandonnant celui de la forme qui revendique sa place coûte que coûte, fût-ce au détriment de l’autre.
Nombreux sont les couples, les groupes qui éclatent faute de reconnaître que chacun travaille avant tout « pour sa paroisse », même lorsque les objectifs avoués parlent de collectif.

C’est oublier l’unicité de l’âme qui nous propose sans cesse de dépasser les limites de nos aveuglements personnels, perceptibles dans nos affirmations de puissance, d’impuissance ou dans nos revendications.
Chaque fois que nous sommes en concurrence, l’occasion nous est donnée de nous questionner sur la nature de notre concours, d’apprécier si le dessein commun prime sur notre visée individuelle ou si nous stimulons une logique séparatiste.

L’éducation au concours, non pour un classement mais pour un investissement collectif, est ce qu’exige le chemin de l’évolution.

Faire de nos difficultés des leviers conduisant à l’impersonnalité et à la conscience d’ensemble ne peut se faire que pas à pas.
Le couple, l’équipe, le groupe sont des espaces étapes qui permettent d’expérimenter bribes par bribes, des zones de communauté auxquelles s’offrir en renonçant à tout gain personnel.

L’option du personnel ou du collectif nous est présentée à chaque instant, dans l’intimité de nos différents corps, dans le choix de nos paroles de nos actions ou dans la mise en œuvre de nos créativités.

Chaque jour à quoi concourons-nous ?
Dans le silence intérieur, que s’affiche-t-il de notre contribution à la communauté ?
De quel état d’esprit sommes-nous relais aujourd’hui ? concurrent ou concourant ?
A voir, à revoir, à reconnaître et à transmuter encore et encore…

Contact Us

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

Not readable? Change text. captcha txt

Start typing and press Enter to search