De l’avoir à l’être, le chemin de sagesse

 In La rubrique de Frédérique

Le chemin de l’être ne nécessite pas le renoncement à tous les avoirs, mais il implique un détachement, une non identification à nos possessions.
Le sage ne peut renoncer à ses connaissances, il est constitué mentalement de celles-ci, mais il n’en tire ni gloire, ni pouvoir et ne s’enferme pas dans les frontières de ce qu’il sait ; il est dépositaire d’un savoir, comme un livre dans une bibliothèque au service de celui qui cherche, il reste conscient des limites de son érudition et s’applique à être un porteur de lumière toujours ouvert sur l’inconnu.

 

Le chemin de l’être, n’est pas d’avoir raison mais d’être la raison ; cela suppose que nous nous déchargions des boulets de nos certitudes ; celles ci résultent de notre adhésion aveugle au monde des formes physiques émotionnelles, mentales. Nous affirmons et défendons ce que nous croyons juste à l’aune de notre vision oubliant la multitude de points de vue et tous les filtres déformants de nos perceptions, de nos ressentis et de nos compréhensions.
Les certitudes d’aujourd’hui seront obsolètes, demain ; être la raison suppose d’unir les points de vue et non de les séparer, de les inscrire dans un ensemble, de les mettre en perspective, d’établir des liens qui ne soient pas des nœuds et de percevoir ce qui se tisse et se détisse au gré des évolutions synchroniques et diachroniques de notre temps, afin d’être des artisans du comprendre, des créateurs de passerelles pour le bien commun.

 

Le chemin de l’être conduit de l’avoir confiance à l’être confiance.
Certes nous pouvons avoir confiance en l’avenir, avoir confiance en la vie mais s’agit- il d’une confiance absolue ou d’une confiance relative, mise à mal lorsque la vie ne répond plus à nos attentes ?
Avoir confiance implique souvent des attentes particulières, et des souffrances si ces attentes sont insatisfaites ; être confiance (au delà du néologisme), c’est épouser la vie dans tout ce qu’elle propose, accueillir, respecter et comprendre ce qui se présente, y compris la souffrance, pour percevoir l’amour, en germe dans toutes les manifestations de la vie.

 

Le chemin de l’être est jalonné de multiples ponts de l’avoir à l’être qu’il revient à chacun(e) d’emprunter ; chaque pont traversé est un pas vers l’impersonnalité ; chaque pont est une révolution dans notre façon d’être au monde ; si nous avons tous les mêmes ponts à franchir, nous abordons les rives par des voies différentes ; l’ordre de nos révolutions change mais nous sommes tous et toutes sur la même voie d’évolution.

 

Ainsi l’être est fonction de notre distance à l’avoir, mais « ne pas avoir » ne suffit pas à être ; être est un chemin de conscience qui permet d’incarner la présence, et d’exprimer l’infini, l’unité qui englobe tous les différents, toutes les différences, dans une vision globale où la forme n’est qu’un pixel et l’âme, un hologramme.
« Par l’oubli de moi-même, je reçois tout ce dont j’ai besoin pour venir en aide à mes semblables ». Nul besoin d’avoir pour être, mais il nous revient, pour être, d’incarner la confiance en la Vie.

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