Qui est le donneur d’ordre ?

 In La rubrique de Frédérique

Quand l’ordre retentit, l’espace s’emplit.
Mais de quel ordre et de quel espace s’agit-il ?
Selon que l’ordre émane d’un autre, de nous-même ou de notre divine essence, son expression et ses effets se déclinent en soumission, ordination, ordonnancement… car l’ordre a de multiples visages.
Il fait grimacer quand il s’assène et ne laisse d’autre choix que de s’exécuter ; et s’il ne tue pas, il impose un commandement qui exige une subordination et sonne le glas de notre liberté de choix.

Quand il habille nos espaces d’harmonie, de fonctionnel, il donne une clarté qui permet de voir, de goûter le calme et d’évoluer sans entrave. Dans les mondes de nos lieux en ordre, l’énergie circule librement et les bruits multiples que font muettement nos objets s’accordent sans dissonance. Le clair ajustement de nos habitats appelle alors, au recueillement. Les décors zen repris par les occidentaux traduisent cette aspiration à s’entourer d’ordre pour accéder à la quiétude.

Mais cet ordre organisé à l’extérieur est un reflet ; celui de nos pensées, de nos désirs, de nos intériorités qui habillent notre environnement et le colorent de nos vibrations harmonieuses lorsque nous en sommes les créateurs inspirés.
En tant qu’acteurs et passeurs de nos ordres intérieurs, nous vibrons au diapason de ce qu’ils dégagent et l’ordonnancement qui régit notre existence devient un champ d’expérience conscient. A défaut, nous évoluons dans des décors préfabriqués que nous consommons sans les ordonner, sans les consacrer, sans les élever au rang de lieu témoin de notre essentialité.

Nos corps sont-ils en ordre ? Nos édifices sont-ils en ordre ? S’accordent-ils au mieux à leur fonction ou restent-ils en friche, inorganisés ? Qui domine, qui dirige, qui ordonne et organise ?
Sommes-nous les esclaves des attentes de nos corps multiples, des impératifs de nos lieux, du despotisme de nos désirs ? Qui gouverne, qui dicte nos agirs, nos souhaits, nos conceptions ? Sont-ils des conditionnements qui nous échappent ou sommes-nous les dirigeants de notre scène existentielle ?

L’ordre ordonnance  et ce qui ordonnance établit des priorités qui organisent nos  intérieurs comme nos extérieurs. Sans ordre c’est le désordre qui se fait prioritaire et nous aliène incognito.
Nos vies sont-elles des anagrammes qui cherchent à retrouver un sens, un agencement intelligible, une cohérence, ou ressemblent-elles à des lettres éparses que nous sommes dans l’incapacité d’ordonner pour en lire un possible devenir ?

L’ordre est toujours pensé, il donne une direction ou aide à la trouver. Partant d’une source, plus ou moins éclairée, il est mouvement entre un point émetteur et un point récepteur.
Dans ces jeux de forces internes, externes, c’est à nous d’ordonner les rythmes qui répondent au mieux aux ordres que nous choisissons d’accomplir. C’est en se mettant aux manettes de nos existences pilotées par le regard de nos essences que nous nous mettons à l’ordre de ce qui doit être.

Nous n’avons pas d’autre choix que d’avancer vers la conscience de notre communauté. Nous y allons en ordre dispersé, jusqu’au jour ou nous nous ordonnerons naturellement dans un ordonnancement si fluide, que nous serons à même d’interpréter, ensemble, et en toute liberté, l’hymne de la Terre… mais répondre à ce plan s’ordonne de l’intérieur !

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