Encore raté !

 In La rubrique de Frédérique

Le raté a ceci de particulier qu’il nous propose l’effort à renouveler ou l’installation dans la démission.
Celle-ci laisse exsangue, sans force et distille un vécu défaitiste qui peut emprisonner celles et ceux qui n’y prennent pas garde.
L’amertume les guette alors, tout en les protégeant du désagrément de l’insuccès renouvelé. Ils renoncent et ne tentent plus ce qui a conduit à l’échec, ce qui poussait vers d’autres horizons qu’ils n’atteindront pas faute de véritables motivations.
Le raté demande une analyse, un approfondissement, une confrontation avec les éléments qui l’ont porté à son apogée

Il est unique même s’il est fréquent !

Ce n’est pourtant qu’à partir de ratés que s’invente un autre monde. Si nous réussissions parfaitement tout ce que nous entreprenons, nous serions des experts arrivés au pays de l’infaillible et de la réussite. Nous n’aurions plus rien à apprendre, à cultiver, à découvrir ; nous serions sur des rails immuables qui nous conduisent droit devant, sans pour cela prendre le temps de nous interroger sur l’opportunité de nos façons de voir le monde et la nécessité de nous ouvrir à d’autres perspectives.

Le trop facile peut générer l’ennui, le désintérêt voire le désenchantement ; le raté invite à un nouvel essai pour se dépasser, se surpasser, se réaliser ; en remobilisant l’énergie vers le but, il invite à comprendre le mouvement et donne à chaque pas l’occasion d’apprentissages inédits.

Le raté est évolutif quand on n’y campe pas avec désespoir. Il éprouve la motivation, il forge la volonté, il distille la foi en l’avenir et conduit à l’autonomie.

L’éloge du raté devrait être à la base de toute éducation. Car tout ce qui est raté, a été tenté !

Mieux vaut s’inscrire dans la tentative que de verser dans l’oisiveté ou la facilité, en s’enfermant dans les jeux du « je sais de quoi il retourne », « je sais »,  « j’ai raison », « à quoi bon » et toutes les déclinaisons des acquis passés. Ce sont là, les bases fondatrices du conservatisme, du protectionnisme, de l’isolationnisme, du repli sur soi qui s’il devient identitaire refuse toute ouverture.

Le raté est salutaire, il invite à l’humilité, à la tolérance, au nécessaire décentrage pour comprendre les raisons de l’échec, découvrir les pépites qu’il contient et mobiliser les forces du recommencement.
À partir de là, le nouveau peut surgir et l’effort réitéré donne à la réussite un goût de « reviens-y ».
Le raté est une endorphine émotionnelle qui donne la force de continuer à celles et ceux qui ont quitté les rives du velléitaire pour celles du courage d’aller vers…

Rien à voir avec la position du looser qui se cantonne à ce qu’il connait même s’il s’en insatisfait.
Le raté c’est la perle que l’huître secrète à partir du grain de sable qui l’irrite.
Nos ratés concourent à la réussite de notre humanité ; en accueillant les faiblesses de tous comme une richesse, chacun cultive son génie au rythme qui est sien.

Raté ! Chic on va pouvoir y retourner, continuer à s’entraîner, à s’entraider voire à créer ensemble un futur désirable…

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