Épargnons-nous, épargnons-les !
De quoi ?
De tout ce qui perpétue les ondes de calomnies, de combats, de ragots et de critiques.
Elles sont légion. La guerre des commentaires, la valse des opinions, les blâmes tous azimuts font rage sur les ondes hertziennes et dans les échanges banaux ou moins banaux que nous entretenons alentours.

Épargnons-nous les discussions sur les uns ou les autres, qui remplissent nos conversations pour mieux masquer le peu d’intérêt commun à communiquer véritablement entre nous.
Epargnons-nous de commenter les attitudes des uns et des autres à l’aune de nos valeurs, de nos croyances, de nos limites et de notre ignorance.
Épargnons-nous de diffuser toutes les paroles qui contreviennent à l’harmonie, sans forcément nous transformer en « béni oui oui ».
Épargnons-nous ces faux-semblants qui laissent croire au partage alors qu’ils ne sont que remplissages d’un gouffre qui sépare et expressions de notre incapacité à garder le silence…
Et pourtant, c’est dans cet espace muet que peuvent naître les véritables germes vecteurs de plus justes relations.

À quoi sert la critique, si ce n’est à se rassurer !
À quoi sert la médisance, si ce n’est à conforter notre différence, forcément supérieure !
A quoi sert de colporter une rumeur, si ce n’est à se sentir fort, détenteurs d’informations nous gorgeant de pseudo importance !
Que d’illusions, de mirages à l’origine du mal que nous propageons parfois, sans même nous en rendre compte.

Les mots sont des armes ; s’en servir contre quelqu’un sans qu’il le sache, est une lâcheté. Parler d’autrui l’englue dans des attitudes aliénantes, le fige dans nos esprits, alors que tout être est en évolution.
Causer de l’autre, sur l’autre, en son absence l’enferme dans nos projections qualitatives sans qu’il puisse repérer les liens vibratoires envoyés à son insu.
Nos mots voyagent sur les terres communes et atteignent subtilement ceux qu’ils concernent, même s’ils ne les perçoivent pas distinctement ; plus grave, sans qu’ils puissent s’en dégager, faute d’avoir identifier les flèches multiples qui leur ont été décochées.

Il y a certes un effet boomerang, mais il n’est pas immédiat ! Avant d’en ressentir l’impact, quand nous y sommes sensibles, notre pouvoir de nuisance a rempli l’espace d’un poison subtil qui s’y est répandu.
Les anciens avaient une expression pour qualifier celles et ceux qui parlaient sur autrui. Ils les nommaient langues de vipère, montrant ainsi à quel point les mots peuvent tuer.

Apprenons à taire ce qui ne nous appartient pas ; même les échos bienveillants enferment l’autre dans une perception qui est celle de notre appréciation, et le limite aux regards que nous portons sur lui.
Pensons-y quand nous n’aurons rien à dire et que la tentation de nous servir d’un autre pour meubler notre conversation germera ! Pensons-y, chaque fois que nous avons besoin d’alibi pour fuir notre présent, et osons nous relier à notre essentialité pour ensemencer par notre quête intérieure et silencieuse l’ensemble en perpétuelle mutation.

Epargnons-nous, épargnons-les pour faire du respect une note à cultiver.

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