Epreuve

 In La rubrique de Frédérique

C’est en éprouvant les choses intérieurement que nous extrayons de nos connaissances, des pépites de sagesse…
Connaître le goût de la fraise en s’appuyant sur le vécu de celles et ceux qui en ont consommé est improbable ; en déguster différentes variétés permet d’apprécier la diversité de leur saveur malgré l’image unique et stéréotypée que nous en avons.

Selon sa provenance, son aspect, son degré de maturité, l’état de nos récepteurs, notre envie de la croquer, notre humeur et notre degré de satiété lorsque nous la savourons, le goût de la fraise se nuance et notre façon de nous en délecter aussi.

Cette approche somme toute banale de notre subjectivité et la façon dont elle colore nos ressentis concerne l’ensemble des circonstances existentielles.
Nul ne connait le goût de l’amour, le goût de l’effort, du dépit et de la plupart des évènements rencontrés au quotidien sans en faire l’expérience intérieure.

Peut-on dire qu’il existe une bonne façon de goûter, de sentir, de jauger telle ou telle situation ?
Peut-on dire que toute chose sera perçue de manière semblable par tous ?
Évidemment non !
L’expérimentation scientifique reproductible à l’identique, se soldant par une stabilité des résultats n’est là que pour attester la validité de phénomènes étudiés dans des contextes contrôlés sur un temps déterminé.
Ces expériences, dites de laboratoire, exigeant la maîtrise de toutes les variables, débouchent sur des équations et des descriptions qui illustrent le monde, enseignent ce qu’il est, en l’étudiant hors du sol vivant, vibrant, mouvant de nos existences.

Ainsi sont toutes les choses que nous croyons ; elles résultent d’expériences vécues par d’autres dans des contextes et des environnements spécifiques ; nous les adoptons sans les goûter et renonçons ainsi à la richesse de l’éprouvé intérieur, seul véritable pivot transformateur.

Ce qui est su sans être vécu est forcément mirage. C’est une représentation de ce que croyons juste, sans avoir pris le temps de l’expérimenter véritablement.

Aïe ! C’est parfois ce que nous propose l’école !
Savoir sans vivre !

Mais entre savoir sans vivre et vivre sans savoir, il importe de vivre les chemins du savoir en tant qu’acteur concerné et d’en partager nos goûts ; ainsi les pratiques et les épreuves de chacun illustrent la multiplicité des avis, des points de vue traduits par nos sens dans les différents temps de l’existence.

Initier à la multitude des approches et à leur relativité infinie conduit sur les voies du déchiffrage et de l’exploration permanente pour faire de nos découvertes, des savoirs perpétuellement actualisés dans le creuset de nos intériorités.

Le goût de la fraise donne à la vie, un parfum particulier. Le goût de le vie varie à l’infini ; l’accueil de ce qui se présente dans l’expérience, permet d’en tirer la substantifique moelle et d’en sortir nourri par la profondeur du savoir intérieur.
Ainsi croît la lumière dans nos nuits d’ignorance.

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