Errances humaines

 In La rubrique de Frédérique

Il est des jours où notre humanité se montre dans tous ses manteaux de peur, d’incompréhension, avec sa myopie et son refus de connaître le monde qui se construit au-delà des frontières de ses prés carrés.
Nombreux sont ceux qui connaissent des situations où les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, ceux qui tombent sous les bombes, ceux qui vivent dans une insécurité permanente et… nous fermons les yeux.

Les actualités télévisées nous montrent quelques images de situations dramatiques que traversent des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, mais d’aucuns considèrent que cet ailleurs lointain ne nous concerne pas.
« Ils n’ont qu’à faire ceci ou cela, ils n’ont qu’à se débrouiller ! »

… Mais ils se débrouillent !

Nous ne survivrions peut-être pas dans de telles conditions. Et quand certains tapent aux portes de l’Europe pour sauver leur peau, il leur faut un passeport en bonne et due forme, une raison acceptable pour prétendre être reconnus et aidés à minima dans la recherche d’une terre d’accueil.

Les montées des communautarismes, des nationalismes dans toute l’Europe témoignent de notre inhumanité. Ceux qui sont nés ailleurs, ceux qui sont en danger de mort, laissons-les et occupons-nous de nous !
L’horreur n’est pas aux portes de l’Europe mais en son sein !
Oser regarder mourir toute une population au Machrek, sous prétexte que leur venue chamboulerait notre façon de vivre, montre à quel point nous sommes enfermés dans une prison idéologique qui nous coupe de toute humanité.

L’horreur est intérieure et nous avons à panser aussi les plaies de celles et ceux qui ne pensent pas, tant la peur les assaille, tant l’égoïsme est leur arme pour se sentir exister. A ne rien vouloir partager, à refuser la solidarité, à oublier que nous avons tous quelque chose à offrir, nous nous asséchons.

Tel l’avare Harpagon, nous nous recroquevillons sur nos cassettes, et nous emporterons avec nous dans nos tombes, les possibilités d’aimer que nous avons laissé choir quand elles nous étaient proposées.
Personne ne peut aimer s’il ne peut penser de façon globale. Alors et seulement alors, notre regard s’élargit à l’ensemble ; l’évidence de cette Terre que nous avons en partage et la nécessité de ne pas nuire, s’imposent comme des valeurs primordiales.
Seule cette vision d’ensemble permet l’émergence de notre véritable humanité ; s’éduquer puis éduquer à ouvrir les regards est une urgence humanitaire.

La véritable richesse est qualitative et nous avons à découvrir ensemble les qualités du bien vivre sur Terre, à portée de toutes les bonnes volontés.
Cela passera par l’éducation à la confiance et à la coopération, qui elles-mêmes découlent de la solidarité fondamentale de tous les systèmes dans lesquels nous vivons.

L’interdépendance est notre réalité ; le refuser nous expose à des lendemains douloureux ; le nier ne nous dédouane pas de nos responsabilités ; le savoir nous engage et nous invite à devenir véritablement humain.

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