Faut en rire pour ne pas désespérer

 In La rubrique de Frédérique

Faut en rire pour ne pas désespérer. Mais quel rire adopter pour se lancer sur la voie du détachement ?
Rire de lucidité, rire de perspective ou rire jaune d’une situation qui décourage ?
Rire jaune emplit l’espace d’amertume, de malaise et n’enclenche aucune dynamique salvatrice.
Rire à gorge déployée, traite la chose comme une farce, alors qu’elle exprime un sérieux qui n’a pas les mots pour se dire.
Rire de perspective, c’est comprendre que derrière toute affliction, un espace de résolution, de transformation et non de catastrophe germe sous l’apparente gravité des choses.
Rire nous éloigne des jérémiades et permet d’envisager l’instant, en quête de nouveaux possibles et non de crouler sous la désolation.

Facile à dire, mais pas facile à rire !

Lorsque nous nous identifions aux difficultés traversées, nous prenons habit de souffrance et gare à celui ou celle qui ose en rire. Le rire suscite alors l’incompréhension et la colère de celui qui ne sait pas rire de ce qu’il éprouve.
Trop sérieux s’abstenir !

Car le sérieux qui s’habille de trop, inhibe la faculté de rire de nous et colle à une réalité que l’on croit éternelle quand elle n’est que passade.
Parfois endossant une panoplie de clown triste, nous nous prenons au jeu, et laissons échapper de nos yeux des larmes de souffrance, d’injustice, de désespoir ou de pitié de soi.

C’est oublier que nos histoires sont des épisodes aux multiples rebondissements. Chacun porte son lot d’énigmes à traiter pour en sortir grandi. Les accrocs, les accidents, les avancées du quotidien n’ont rien d’aléatoire ; ils bornent les situations que nous devons traiter pour poser un regard plus détaché sur nos éprouvés douloureux, sortir de nos zones d’enfermement, découvrir nos nouvelles dimensions et cultiver nos potentialités.
Rien que ça ?
Rien que ça !

C’est de cela qu’il faut rire avec le plus grand sérieux pour percevoir derrière les évènements qui agitent nos existences, les indices des leçons que nous devons comprendre.
Pas drôle pour ceux et celles qui ne peuvent rire d’eux-mêmes.
Mais si le rire est timide, sourire peut faire l’affaire. Sourire intérieurement de se voir à nouveau pris dans des postures connues, engage à comprendre leur genèse pour mieux y échapper.

Mais ne riez pas ! Pour rire de nous-même, il faut être en mesure de reconnaître au fil de nos aventures, le dénominateur commun qui colore toutes les situations qui semblent nous accabler.
Là, le rire sauve du ridicule de la répétition qui crève le regard mais nous échappe, tant nous jouons les autruches pour échapper à la responsabilité de ce qui nous arrive.
Risible ?
Non, enseignant !
Toute situation porte en elle le germe d’une découverte. À nous de jouer les explorateurs pour dénouer les liens qui emprisonnent dans des mal-être et rejoindre des zones franches où le rire donne le « la », du détachement.
Mais nul ne peut rire, une fois pour toutes ! Rire exige pour ne pas désespérer, d’être toujours remis au goût du jour.

 

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