Imagin’erre ou imagin’action ?

 In La rubrique de Frédérique

Consciemment ou inconsciemment c’est à partir de nos imaginaires que se crée et s’actualise notre présent.
Artisans créateurs du monde qui nous abrite, nous n’avons pas à nous offusquer de ce qui s’affiche mais à comprendre pourquoi nous en sommes là, avant d’entrevoir ce qu’il convient de réaliser, avant de dessiner le chemin qui mène à demain.

L’art du contraste nous y conduit.
La forme se détache du fond grâce aux jeux d’ombres et de lumières. Elle s’en dégage mais lui reste liée. Sur un champ neutre ou chargé, transparent ou opaque, elle demeure tributaire de ce qui s’efface, de ce sur quoi elle s’inscrit pour que notre regard puisse en saisir les contours, en dévoiler les limites.

Cela concerne l’objet dans le tableau et chaque expression manifestée. Tout ce que nous identifions est une émanation formelle émergeant d’un fond matriciel bien souvent invisible.
Une émotion surgit dans une ambiance particulière ; un rêve se grave sur une trame d’avenir ; une peur s’écrit sur un tissu passé, suranné mais toujours enveloppant ; une pensée sur un réseau qui l’alimente et dont elle témoigne.
La forme n’est que l’expression minimale d’une réalité subjective qui cherche à se découvrir.

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ! » Là entre en jeu l’imagination créatrice. Inventer de nouvelles formes pour dévoiler le monde futur ; formes mentales, formes sensibles, formes physiques qui traduisent sur le terrain de l’incarnation les valeurs de communauté aimante qu’il nous est demandé d’accompagner.

Se concevoir acteur d’un ballet qui se danse en plusieurs actes indissociables les uns des autres, nous invite à plus de collaboration.
Le Grand Chorégraphe laisse à ses acteurs, ses danseurs, ses décorateurs, ses musiciens, ses scénographes, toutes possibilités d’improvisation et c’est de la justesse de leur articulation que sort le tableau, qui chaque jour s’engendre et se construit à partir des nouvelles donnes que chacun cherche à communiquer.

L’intercommunication doit devenir intercommunion pour harmoniser, tout en les respectant, les perceptions spécifiques. Celles-ci s’insèrent dans l’espace commun et veillent au bien dès que leurs auteurs acceptent de s’effacer pour concourir sans frein, à l’œuvre générale.

Voir loin demande de la hauteur ; à chaque étape, la vision s’élargit, l’acuité progresse et l’imagination déroule sa partition.
Il faut également tenir compte des visions personnelles, limitées, parfois étriquées voire obsolètes ; elles alimentent aussi le monde que nous créons et la compréhension de son évolution.

Travailler à ouvrir notre regard pour y inclure l’ensemble des points de vue, là est notre gageure ! Personne ne peut rester sur la touche dans la course pour l’unité.
Plus notre conscience s’éveille plus l’éducation à l’imagination de celles et ceux que nous devançons, s’impose.
Éducation du regard, éducation à l’accueil et à l’ouverture, éducation à la coopération, au partage et à la reconnaissance.

A nous d’imaginer le futur, à nous de cesser d’errer, à nous d’agir à partir de nos potentialités créatrices, à nous de nous désintoxiquer du virtuel en cherchant inlassablement à révéler la trame toujours inatteignable sur laquelle tout s’inscrit….

Imagine… le monde à venir !

 

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