L’inter prête action

 In La rubrique de Frédérique

L’Inter prête les mots pour que notre réalité se dise. Ce qui se dessine de nos vies surgit toujours d’un écran sur lequel tout s’inscrit. D’écrans en écrans qui servent d’écrins à nos existences nous prenons la mesure de l’espace dans lequel nous évoluons. Celui-ci est un champ propice à la culture et à l’émergence des formes que génèrent les consciences.

Tout est question d’interprétation.
Nos sens interprètent les vibrations qu’ils captent et les transforment en paroles et musique, en sensations kinesthésiques, auditives, gustatives, olfactives ou visuelles qui déterminent le champ de notre réalité. Celle-ci n’est que l’espace de reconnaissance, d’action, d’évolution que nous habitons, explorons pour en comprendre, en interpréter les symboles et le pénétrer plus avant selon l’acuité de nos perceptions.

La sensibilité est une porte qui ouvre sur le monde et invite à la découverte d’un espace vibratoire qui résulte de nos organes perceptifs, de notre capacité à en décoder les impacts et d’en comprendre les articulations.
L’interprétation peut être formelle, voire formatée ou se laisser surprendre par de nouveaux arrangements jusque-là inédits. Elle est aussi mère d’erreurs, de non sens, de contre sens car nos filtres sont colorés de nos miasmes et de nos identifications.
Ceux-ci font échos au passé ; ils empruntent au connu, au déjà su, et nous conditionnent, y compris lorsque nos références restent inconscientes.
L’interprétation donne corps à la réalité que nous percevons.

Comme l’acteur interprète son rôle, la personnalité incarne ce qu’elle pense ajusté à une situation ; ainsi nait l’œuvre à laquelle nous concourons, dans le fil d’une cohérence consciente avec l’ensemble, avec notre dimension essentielle, ou pas !
L’interprétation fait le sel ou l’acide de la vie.
Une même situation sera vécue différemment selon les valeurs, les critères, les opinions forgés au gré de nos interprétations précédentes, y compris celles que nous avons adoptées sans même les reconnaître.

L’humain prête à l’inter, à la dimension entre ce qui est perçu et lui-même, une reconnaissance toujours particulière.
Celle-ci procède de son histoire et de l’état de conscience qui est le sien.
La réalité n’est jamais qu’une parcelle de Réel que nous approchons et définissons par une traduction sensible.

Si la pensée permet l’analyse ou la rationalisation, elle dévoile également ce que capte notre mental et borne le champ de nos compréhensions des couleurs de nos interprétations.
Nous prêtons au Réel notre imagination pour le figurer, l’habiter, le pénétrer, nous en imprégner et le découvrir avant de nous ouvrir à d’autres possibles, résultant systématiquement de la subjectivité de nos sens.

Reconnaître que nos interprétations ne font pas le Réel, mais sont une petite incursion dans un monde dont nous ne décodons qu’un espace infiniment limité, aide à nous concevoir les uns les autres comme détenteurs de fragments de vérités et incite à explorer ensemble des zones qui jusqu’ici nous étaient restées inconnues.
C’est par nos perceptions collectives que se révèle l’ampleur du Réel ; seuls, nous ne restons qu’au centre de nos identifications, qui si elles ne sont pas revisitées, deviennent des prisons.

L’inter prête à l’action, à la traduction, à la confusion, c’est selon…

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