Jeu de lois

 In La rubrique de Frédérique

A quelles lois souscrivons-nous ? Celles émanant des sphères universelles, collectives ou particulières ?
Les lois universelles s’imposent à tous, elles régissent l’univers et les différents règnes qui le peuplent.
La science a reconnu, isolé, compris quelques-unes de celles qui nous influencent, nous conditionnent parfois même, à notre insu.

Les lois collectives, elles, organisent le vécu en société ; elles répondent à une idéologie sociétale, politique, religieuse, familiale et orientent nos comportements.
Nous y adhérons plus ou moins mais à défaut, les conséquences de nos manquements ont un effet boomerang, immédiat ou plus lointain.

Les lois collectives diffèrent voire s’opposent selon les groupes nationaux, idéologiques ; chaque communauté opte pour des codes qui deviennent identitaires et fonctionnent comme entités particulières. Or tout particulier imposant une conduite, oriente la justice vers son intérêt propre avant celui du bien commun.
Ainsi nos lois contreviennent parfois à l’ensemble. Elles naissent de nos croyances, de nos opinions, de nos désirs, de nos réactions. Elles n’émanent pas de l’universel mais d’un collectif avec lequel nous sommes en phase.

La loi du talion œuvre régulièrement ; nos réactions la confortent, donnant au corps émotionnel, fort mauvais conseiller une place prépondérante.
Nos ripostes, nos oppositions, nos défenses réflexes obéissent à des lois intérieures qui organisent nos espaces et s’érigent en vérités. Nous souhaitons les voir partager par tous, sans réaliser que notre vision limitée se sert des lois que nous édictons ou qu’édictent nos semblables pour justifier et préserver des privilèges qui n’ont parfois plus lieu d’être.

La loi du plus fort appartient à ce corpus autoritaire qui nous irrite quand nous le repérons chez l’autre, individu ou société, sans réaliser que nous l’appliquons en permanence.
Toute critique est un jugement résultant des cadres de référence que nous élevons au rang de loi intérieure, forcément supérieure car ce que nous estimons juste, vrai, beau selon nos critères devient loi que chacun devrait suivre.

Celui qui ne répond pas à nos attentes, contrevient à nos lois privées.
Il faut donc le combattre, défendre nos points de vue, justifier nos positions pour sortir victorieux des conflits naissant des certitudes que nous aimerions voir partagées.
Ainsi vouloir qu’un alter ego range ses chaussettes, passe l’aspirateur, s’habille selon nos critères esthétiques, relève aussi de conceptions élevées parfois unilatéralement au rang de décret.
Chercher à conformer l’autre à notre volonté, râler, voire le rudoyer quand il ne la suit pas, participe de cette loi où l’un veut dominer, triompher de l’autre.

Les frontières de nos convictions, de nos références enferment dans des visions du monde qui promulguent les lois que nous adoptons sans toujours le réaliser. Nous partons en guerre contre celles et ceux qui n’y souscrivent pas, avec ou sans fracas. Nous vivons alors au gré des émois du soldat qui défend sa paroisse ignorant que c’est en s’accordant aux lois universelles, au monde qui nous abrite et à l’ensemble des parties qui le constituent, que la paix se construit.

À quoi sert d’être le plus fort, à quoi sert d’avoir raison quand les lois de la nature nous terrassent ?
Au jeu de lois, sautons les cases prison pour nous retrouver sur la case départ des règles solidaires à définir ensemble.

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