La roue tourne

 In La rubrique de Frédérique

Nous pouvons mettre un pied devant l’autre, conscients à chaque pas de la nature du sol et de l’environnement, conscients de nos déplacements et de l’objectif poursuivi.
Nous pouvons aussi marcher tels des automates répétant les mêmes gestes, sans réaliser que nous agissons comme des boules de flipper, lancés sur un parcours dont nous connaissons les carrefours et la case arrivée, mais dont nous avons perdu le sens profond.
Quels sont les gestes quotidiens que nous accomplissons en conscience ? Quelles sont les paroles prononcées dont nous repérons l’impact visible et invisible ? Quels sont les actes posés et qu’inscrivent-ils sur la toile du collectif ?

Le temps se passe, le temps passe, mais dans notre façon de passer à travers le temps, nous existons malgré nous, nous existons par-delà nous, nous existons riches du plan dans lequel nous nous mouvons et auquel nous contribuons.
Répéter inlassablement les mêmes gestes en oubliant de les habiter de conscience, c’est mutiler l’espace d’évolution de possibles novations particulières et collectives.
Que servent nos pensées, nos actes, nos émois ? Sont-ils l’expression d’un inédit qui cherche à éclore ou celle d’un éternel recommencement qui déroule le même film sans écran de compréhension pour en projeter le sens ?
Ce qui ne s’inscrit pas dans les mots, les images, sur le papier, sur la toile se perd dans le flot du machinal inconscient et se condamne à la perpétuité d’une rengaine stérile et aliénante.

Mais quand le réveil survient, le pantin reprend vie, examine et expérimente un autre rapport à l’instant pour en saisir l’enseignement. Cela concerne tous les plans, tous les plats que nous sert l’incarnation. Le glouton qui mange sans savoir ce qu’il ingurgite peut découvrir le goût des choses, le plaintif qui se lamente au fil des jours reprend le flambeau de sa responsabilité, l’érudit sûr de ses certitudes commence à questionner ce qu’il a stocké dans le grenier de ses connaissances, le mystique qui se repaît de Dieu comprend qu’il doit servir et non rester prisonnier de sa béatitude qui le cantonne dans une attitude parfois confortable et statique.

Le hamster dans sa cage n’est pas différent de l’homme qui vit mécaniquement, mais la roue tourne et lui donne l’illusion d’un mouvement quand il fait pourtant du sur place.
En partant à la rencontre des manèges dans lesquels nous circulons sans cesse, nous pouvons nous extirper des routines adoptées faute du courage et de la confiance nécessaire pour inventer un demain nouveau, accueillant ce qui se propose pour le bien de tous.

Alors, mettre un pied devant l’autre, aller pas à pas à la découverte de la richesse du vivant, ouvre notre regard et permet d’interagir avec notre environnement, de le transformer, de nous laisser transformer par lui et d’orienter le sens qualitatif de cette transformation. Tel Pinocchio, nos marionnettes s’animent et concourent à leur mesure à l’embellie de notre communauté.

C’est à la portée de toutes les bonnes volontés ; dans le silence des actes, des émois, des pensées, nous pouvons entendre les notes et les accords qui composent la musique à interpréter en sortant des sentiers battus.
À nos baskets, pour de nouveaux concerts !

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