Offrir son âme au diable

 In La rubrique de Frédérique

Toute leçon tirée d’une expérience est évolutive. Nos erreurs mêmes, nous bonifient quand nous les admettons ; elles révolutionnent nos pensées, nos actions, nos ressentis grâce aux éclairages qu’elles suscitent.
Ainsi va le développement ; ainsi va la croissance de l’esprit ; ainsi vont nos quotidiens, terrains permanents d’erreurs et d’inexactitudes découvertes, rectifiées, intégrées.

Puis il arrive un temps, où la conscience sait ce qui doit être, non plus uniquement intellectuellement mais doublée de l’intime conviction d’un éprouvé intérieur et profond ; nous n’avons alors plus droit au privilège de l’erreur ! Il n’était que passager et nous devons l’éradiquer ; la vérité qui l’entoure nous saute aux yeux, pour une énième fois, une fois encore …avant la fois de trop !

Pourtant, malgré cette perception lucide, absolue, il nous arrive encore d’emprunter les chemins erronés, connus, reconnus, éprouvés jusqu’à la lie, avec la jouissance intime de résister au terrain de la raison qui nous imposerait le contraire.
En refusant l’évidence intérieure pour rester attaché au monde illusoire d’une satisfaction ou d’une insatisfaction personnelle, conscients malgré tout des conséquences multiples et désastreuses que cela entraine, nous donnons notre âme au diable !

Nombreux sont celles et ceux qui accomplissent les mêmes gestes, prononcent les mêmes paroles, émettent les mêmes pensées ; pour certains il s’agit encore du chemin de l’erreur, pour d’autres de celui de l’enfer, qui surgit !
Cet enfer qui pour une part de nous-mêmes, apparaît paradis…touche de vie à laquelle nous ne souhaitons pas renoncer tant elle nous donne le goût du moi et de la satiété.

A nous d’opter pour cette satiété ou son octave supérieure, la plénitude de l’être.
Cette dernière, cependant, exige que nous laissions choir le désir égoïste et ses multiples masques. Elle impose régulièrement de nouveaux renoncements.

Plus nous sommes conscients, plus l’enjeu est grand.
Nos actes, nos pensées acquièrent de plus en plus de force et d’impacts ; notre responsabilité de les orienter dans le sens de l’ensemble ou du particulier, dans le champ de l’évidence ou de la répétition, est totale ; tant que nous ne sommes pas engagés sur la voie de l’impersonnalité, le dilemme existant entre se satisfaire et satisfaire aux besoins de la communauté, questionne notre être au monde…
Selon les leçons apprises par l’expérience, nous exauçons les vœux du personnel ou ceux du collectif.

Vient un temps où donner dans le personnel au mépris du groupe devient un délit de conscience. Un délit de séparativité commis délibérément, au mépris des implications pour la communauté.
Alors nous livrons notre âme au diable ; nous la laissons pour compte en nous attachant à l’immédiateté de ce qui nous intéresse, oubliant encore une fois, notre interdépendance fondamentale à notre environnement.

Nous en séparer, nous coupe de l’essentiel ; pour ne pas avoir à renoncer à notre passé, à nos habitudes, à nos mémoires, à nos plaisirs, à nos excellences, à nos douleurs et à notre médiocrité, nous optons délibérément pour « la fois qui sera de trop », espérant encore bénéficier du bénéfice de l’erreur. Là est le leurre !

Offrir son âme au diable, c’est refuser les sons de lumière pour les voiles de l’obscurantisme personnel. Il vient un temps où cela n’est plus possible…

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