Passer de la gratitude à la reconnaissance

 In La rubrique de Frédérique

La gratitude est un fil de reconnaissance envers celles et ceux qui nous ont permis de faire un pas sur le chemin, chemin de satisfaction, chemin de compréhension, chemin d’évolution.
La gratitude s’adresse à l’autre, à diverses situations ; elle traduit toujours un mouvement centrifuge. Celle ou celui qui l’éprouve en est forcément le point d’émergence.

La reconnaissance étend ce mouvement à d’autres figures ; chacun peut reconnaître tel ou tel sans pour autant éprouver de gratitude à son égard.
La reconnaissance est alors la capacité de se déplacer sur le terrain de l’autre pour en comprendre, en ressentir tous les états et intégrer totalement les éléments qui sont siens, que l’on soit en accord ou en désaccord avec ceux-ci.
Partir en reconnaissance suppose un aller vers, qui impulse une rencontre forcément transformatrice si elle ne se limite pas à un survol ; partir en reconnaissance est un chemin d’exploration, de découverte qui exige que nous quittions nos terrains habituels de manœuvre. Cela ne nous laisse pas indemne à moins de ne s’être prêté qu’à un exercice de style déconnecté du vivant, à un simulacre d’intérêt qui nous conforte sur nos acquis et ne nous grandit pas.

Il est plus facile de reconnaître sans réticence, celles et ceux avec lesquels nous vibrons en syntonie; nous restons alors dans un mouvement qui part de nous, va vers l’autre et nous revient, riche en satisfaction d’avoir touché au passage notre semblable. Nous sommes alors partis à la reconnaissance du même qui n’ouvre en rien de nouveaux horizons. Reconnaître l’autre revient à se reconnaître soi-même, à se satisfaire ou à se chagriner de ce qui n’est pas une trouvaille mais la répétition inlassable d’un «tourner en rond » dont nous sommes le centre et dont nous restons prisonniers.

La véritable reconnaissance suppose une certaine ubiquité ; être à la fois, là où nous sommes, et là où est l’autre ; non pour fusionner mais pour prendre la mesure des similitudes et des différents, des besoins et des aspirations. Ainsi nous nous reconnaissons et nous reconnaissons l’autre pour ce qu’il est et non pour ce que l’on voudrait qu’il soit ou ne soit pas. Reconnaître, c’est alors concevoir que l’autre a une place indépendamment des terrains géographiques qu’il occupe ou des terrains idéologiques qui l’occupent !

Ce mouvement d’acceptation qui fait converger l’un et l’autre vers cette notion de droit à l’existence signe le droit à la reconnaissance.
Cela semble évident sur le papier.
Mais à défaut de reconnaître les multiples peurs qui nous cantonnent dans les périmètres de ce que l’on croit savoir, nous refusons à l’autre le droit d’exister, faute d’être en mesure de l’accueillir.

La reconnaissance est à la fois un mouvement centrifuge (il faut la volonté d’aller vers l’autre), centripète (il faut la volonté d’accueillir l’autre) et ascendant qui ouvre à chaque cycle qui va de l’un à l’autre, une espace de découverte qui fait croître en compréhension, en conscience et en humanité.
De ces allers-retours qui se déploient sur une spirale ascendante, naît une vision plus large révélatrice de nouvelles perspectives qui ne demandent qu’à être reconnues.

De gratitude en reconnaissance, de reconnaissance en reconnaissance, nous re-naissons ensemble pour re-connaître toujours plus profondément notre identité commune.

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