Qu’est-ce qu’on s’aime !

 In La rubrique de Frédérique

Qu’est-ce qu’on s’aime et qu’est-ce qu’on sème aussi de beauté, de laideur, de bien, de mal, d’espoir, de désespoir, d’amitié, de rancœur, de gratitude et de rancune. Et tout cela parle d’amour.
Tout cela articule nos rapports d’alter ego. Et tout rapport unit, qu’on se le dise ! Il met en lien deux éléments sans se soucier de leur accord ou de leur désaccord.

De même le laid ne se définit qu’à partir du beau ; le mal en fonction du bien, le désespoir renvoie à un espoir probable car rien de ce que nous identifions n’existe indépendamment.
La rancune tisse un lien qui nous attache à l’autre, aux autres, à un passé commun ; elle est référence à ce qui a été, se garde en mémoire pour mieux tracer indéfectiblement l’acceptable qui n’a pas été et reste inscrit comme un raté.

Car la rancune mine, plombe le cœur, entrave les avancées et trahit sous couvert de mal aise, une dépendance aliénante. L’autre ne correspond pas à notre vouloir, il n’étanche pas notre soif et sa façon d’exprimer ses différences nous indispose, nous révolte, voire nous met rage.
C’est dire s’il ne nous laisse pas indifférent ! Et parce qu’il nous intéresse, nous l’auréolons d’une importance certaine. Parfois même, il nous est précieux pour projeter loin de nos intériorités la fureur de notre insatisfaction.
Nous voudrions le voir disparaître pour retrouver une paix intérieure, une unité ; sa présence témoigne de notre division, de nos dissensions, mais aussi de la nécessité pour sortir des tourbillons de l’affect, de trouver l’alliance qui nous permettra de nous reconnaître comme même, en humanité.

Voir derrière la rancune, les germes de l’amour en passe d’éclore sur une terre de conflit, n’est pas donné à tous. Parfois, le sol semble si stérile que nous ne distinguons pas les graines d’espoirs qui cherchent la lumière.
Il en est de même des rancœurs ; elles se font rengaines mais parlent aussi de cœur, d’attentes déçues, d’amertume car elles vibrent au diapason d’une représentation de ce qui pourrait être, au rythme d’un éventuel plus accordé.

S’il en est ainsi, c’est qu’une union possible sous-tend ce qui anime nos différends. Il n’y a pas de jour sans nuit, pas de haine sans amour, pas de division sans unité.
Si nous semons dans nos esprits et sur les terres du quotidien, l’idée que tout conflit porte la clé de sa résolution, si nous osons sortir de nos a priori et de nos égocentrismes, nul doute que des graines d’alliance germeront au nez et à la barbe des rancunes et des rancœurs.

L’amour est le ciment de toute chose, il assemble entre eux des éléments qui s’apprécient ou se refusent. Il isole ce qui est sombre pour mieux l’éclairer et lui insuffler le goût de l’entente.
Quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense, l’amour fait tourner le monde. Tous les ratés sont l’occasion de retrouver le chemin de l’union ; les rancunes parsèment les sentiers, à nous de les retrouver comme des petits Poucet, pour les reconnaître, les traiter, les dépasser, retrouver la voie du cœur et découvrir que derrière elles, qu’est-ce qu’on s’aime !

 

Contact Us

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

Not readable? Change text. captcha txt

Start typing and press Enter to search