Ré-énoncer, renoncer et avancer de concert

 In La rubrique de Frédérique

Tout problème est l’occasion d’inventer une solution qui dépasse les conceptions qui l’ont fait éclore.
Saluons-le, et attelons-nous à voir ce dont il faut nous dépouiller pour nous extraire de la mêlée des contrariétés qu’il suscite et résoudre les difficultés qui nous ont été révélées.

Les problèmes sont des inadéquations mises en lumière que nous devons traiter car nous sommes en mesure de le faire.
Ils incitent à renoncer ; non à battre en retraite, mais à s’engager dans une renonciation, fruit d’une nouvelle énonciation, d’une nouvelle formulation de ce qui doit être et qui rend obsolète l’adhésion antérieure à ce que nous pensions être la norme de rigueur.

C’est en ré-énonçant nos intentions progressistes que nous pourrons renoncer à nos anciennes identifications. Le chemin qui conduit de renoncer à ré-énoncer, de ré-énoncer à renoncer est long, fastidieux ; il gravit le sentier de la vérité, en repoussant les frontières de nos connaissances extérieures, de nos savoirs intérieurs, en abandonnant nos positions pour retrouver un accord qui permet de vibrer au diapason commun de l’union.

La renonciation n’est pas une punition, elle n’est pas une capitulation ; elle est au contraire une compréhension inédite qui ouvre sur de nouvelles voies d’évolution, sur d’autres explorations susceptibles d’élargir notre conscience en révélant l’unité croissante à laquelle nous nous accordons.

S’accorder est une petite musique d’unité qui se cherche, se trouve et s’amplifie à mesure de nos rencontres, de nos tentatives de reconnaissance et d’harmonisation.
Renoncer à son vibrato particulier pour trouver la zone de concordance qui unit et nous laisse ni tout à fait les mêmes ni tout à fait différents.
Renoncer pour ré-énoncer notre humanité grandissante.
Renoncer à avoir raison
Renoncer à avoir tort
Renoncer à convaincre
Renoncer à vouloir imposer nos idées, nos idéaux mais énoncer sans attente ce qui nous semble juste, y travailler et laisser l’autre libre de poursuivre sa voie comme il l’entend.

Laissez l’autre libre, c’est le reconnaître capable de faire de véritables choix.
L’éducation devrait s’appliquer à développer cette capacité de choisir, ce discernement indispensable à l’exercice de la responsabilité. Trop souvent, des éducateurs tentent d’orienter par un choix qu’ils estiment éclairé ceux qu’ils devancent sur le chemin de l’âge.

Renoncer est une forme de purification intérieure.

Certains croient purifier le monde et éradiquent les mécréants en se souillant du sang de leur ennemi ; ils se trompent de combat ! La haine pollue ; elle est pourtant un versant déformé de l’amour qui se cherche et ne se trouve pas.

De même, le monde est un reflet déformé d’une unité qui se cherche et ne se trouve pas encore mais qui se découvre sous les décombres de l’horreur et des incompréhensions multiples.

De toutes ces dissidences à l’amour, naîtra à terme le renoncement à la guerre pour ré-énoncer notre intérêt commun à vivre ensemble, notre intérêt commun à servir la vie dans sa merveilleuse articulation. La vie est Une et ses cellules sont interdépendantes. Ré-énoncer cette vérité fondamentale pour renoncer à réparer nos petites particularités en séparant et en élevant des murs devant nos semblables.

Ré-énonçons donc nos buts communs pour renoncer à nos intérêts particuliers.
A nos plumes, à nos mots, à nos amours !

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