Rien à dire

 In La rubrique de Frédérique

Quand on a rien à dire, on se tait. Cela évite de dire n’importe quoi ; cela évite d’alimenter des conversations inutiles, voire polluantes.
Cela permet de ne pas gaspiller l’énergie en blablattant sur des sujets qui n’ont aucune importance ; cela évite de nourrir des lieux communs dont on ne comprend pas pourquoi ils perdurent…inconscients de notre responsabilité à les vivifier.

Mais ne rien dire, confronte au silence !
Au silence intérieur, au silence dans la relation qui autorise à pénétrer une dimension inconnue, parfois inconfortable à habiter.
Le silence devient alors, l’espace où peuvent s’installer d’autres codes relationnels, d’autres subtilités perceptibles, d’autres notes d’accord dont nous n’envisageons pas véritablement l’importance, et dont nous n’imaginons pas encore les nouvelles structures qu’ils dessinent dans l’invisible.

Cela exige d’être au monde, d’être avec l’autre sans prise, sans emprise, sans recours à l’habituel ; cela permet d’investir d’autres zones d’échanges où les conventions diffèrent radicalement.
Cela permet de ressentir ce qui vibre en nous en dehors du brouhaha des mots et autorise notre sensibilité à découvrir les lieux intérieurs, à partir desquels les vibrations sont émises.

Quelles zones sont activées en nous par les tons du silence ?

Le chakra du plexus animé par les peurs ? Par le plaisir ? Par les mirages et ses multiples divagations ?
Le chakra de la gorge et sa créativité ? Son besoin de faire ? Son éveil constructeur ou agité ?
Le chakra du cœur et son ouverture à l’ensemble ?
Le chakra de la tête et la reliance au subtil que nous captons déjà sans forcément le savoir ?

Où parle le silence en nous ?

Comment rejoignons-nous l’autre, les autres sur les espaces essentiels, interstitiels de nos communions sensibles parfois imperceptibles ?
Où sommes-nous polarisés ; d’où agissons-nous ; d’où formalisons-nous de nouveaux agrégats énergétiques qui participent à ce qui crée et alimente le monde ?

Quand on a rien à dire, on se tait ; mais quand on se tait, on parle au-delà des mots et l’on construit aussi le meilleur comme le pire.
Si le silence est enfermement, prison, mutisme, refus, il alimente les séparatismes ; s’il est accueil, concentration, recueillement et ouverture il cisèle ce qui ne peut s’exprimer que lorsque l’on se tait.

Ce n’est qu’en se taisant que la parole prend tout son sens et emplit l’espace de sa grâce.
Ce n’est que sur le blanc que peut se déployer la touche de couleur dans sa pureté fondamentale. Grâce aux soupirs et aux silences, la musique paraît.
Dans un contexte trop bariolé, l’information unique, fragile et essentielle se perd…

Parole de silence ?
Parole et silence !
Parler à partir du silence, pour ne dire que l’essentiel de ce qu’il autorise à transmettre sur la coloration initiale, terreau de la beauté qui se révèle…

 

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