Servir ou se servir ; de l’altruisme au fanatisme

 In La rubrique de Frédérique

Servir des idées, des idéaux, des personnes.
Se servir d’idées, d’idéaux, de personnes…

Entre servir et se servir : le « se » !
Ce pronom réfléchi de nous-mêmes prouve combien l’individu est encore identifié au personnel, et sert ses intérêts.

Certains pour servir leurs idéaux, se servent de tous les moyens à leur portée.
D’autres, parfois les mêmes, pour servir leurs idées se servent d’idéaux, manient la fibre affective et embrigadent celles et ceux qu’ils attirent, en attisant l’attrait ou le rejet de valeurs, d’opinions, en cultivant avec brio les lieux communs les plus usités et les raccourcis les plus erronés.

Les extrémismes résultent toujours d’un jeu de valeurs ; un jeu orchestré par ceux qui servent des idéaux particuliers et se servent des événements pour jouer sur le quotidien, les émois et les valeurs de ceux et celles qu’ils cherchent à convaincre ou à manipuler.

Les fondamentalistes choisissent le terrain de leurs interventions et se servent des situations et des personnes pour inculquer leur vision du monde.
C’est sur le terrain du mal-vivre, du désœuvrement, qu’il soit intérieur, extérieur, affectif ou physique, que les idéaux fondamentalistes prennent racine.
Sur ce terrain instable, l’individu se sent perdu ; perdu dans la non reconnaissance, la non appréciation, le non avenir, la non possibilité d’évoluer, le non travail, et la peur.

À ceux qui sont perdus, les valeurs religieuses, idéologiques donnent un sens.
À ceux qui sont perdus, on peut parler d’élus.
On peut parler de revanche du plus faible sur le fort ; de riposte du manque sur le plein ; de triomphe du courage aveugle sur la peur de ne pas exister.

Ainsi naissent et se propagent les fanatismes.

Chaque fois qu’un point de vue se cristallise sur une position personnelle qui refuse de prendre en compte le contexte global et les autres dans toutes leurs dimensions, le fanatisme enfle et la mort qu’il entraîne, germe et mûrit. Toutes celles et ceux qui réfutent l’interdépendance fomentent des guerres. Ainsi le fanatisme des actionnaires crée du chômage, des clivages, des conflits et des rivalités.
Le fanatisme religieux crée de la division, de l’exclusion, des combats. Il éradique celles et ceux qui ne partagent pas ses idéaux ; il n’est finalement que l’expression la plus aboutie de la peur de l’autre.

Une peur de l’autre (de l’autre personne, de l’autre idée, de l’autre valeur, de l’autre territoire) si puissante qu’il ne peut avoir droit de cité. Cette peur de l’autre témoigne finalement d’un doute caché derrière ce qui s’affirme ou se revendique car si la certitude existait fondamentalement, l’autre ne représenterait plus un danger !

Dans un conflit, celui qui veut nier l’autre, l’évincer voire le tuer, ne peut ni l’accepter ni le comprendre. Pourquoi ?
Qu’entraînerait son acceptation et sa compréhension ?
Un renoncement à certaines identifications, à une partie de nous-mêmes dont nous nous sentirions amputés si nous acceptions que l’autre puisse exister au même titre que nous.

Dans ce monde de compétition où il ne peut y avoir qu’un gagnant dans chaque situation, le vainqueur est là, pour montrer à tous qu’ils perdent.
Mais que perdent-ils ?

À ce jeu là, il n’y a que des déçus qui se réveillent et sombrent dans le fanatisme, la dépression ou le malaise.
Choisissons de gagner en harmonie de l’être et non en désir d’abattre l’autre pour monter sur un podium qui n’a aucune réalité du point de vue essentiel.

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