Souvenirs

 In La rubrique de Frédérique

Les souvenirs parlent toujours d’un hier plus ou moins lointain, plus ou moins heureux, plus ou moins objectif, plutôt subjectif et si teinté de nos filtres que leurs enseignements prêtent parfois à caution.
Ce sont eux qui engendrent fréquemment notre attitude face à ce qui advient. Ils demeurent « sous » ce que nous cherchons à faire venir pour se retrouver, pour se transcender et nous épanouir, nous réparer, perpétuer ou dépasser ce que nous avons été.

Les souvenirs sont notre version d’une histoire qui a été terrain d’expérience, de joie, d’ennui, de traumatisme ou de transmutation ; ces mémoires nous incitent parfois à imaginer présent et futur à partir de ce qu’elles ont engrammé et nous voilent ce qui pourrait surgir d’une pensée nouvelle. Le passé nous colle à la peau, à l’émotionnel, aux réactions comme aux opinions ; nous peinons à penser l’avenir jaillissant d’un inconnu à dévoiler pour que naisse ce qui peut survenir et non plus sous venir.

Les souvenirs pansent notre histoire ; ils enrobent d’antécédents qui font référence et confortent une vision du monde éminemment personnelle, essentiellement émotionnelle.
Le « survenir » propose de nous détacher de nous-mêmes pour penser le monde en fonction de ce que nous ne savons pas encore, et découvrir la richesse infinie des possibles à actualiser ; il demande d’oser s’affranchir des limites de ce qui a été, pour se tourner vers tout ce qui peut-être.

Nous utilisons encore des énergies fossiles alors que le monde n’est qu’énergies qui s’entrelacent, nous animent sans que nous prenions la mesure de leur existence, sans que nous réalisions à quel point, celles-ci nous constituent. Si nous étions sensibles à cette réalité encore invisible à certains, nos conceptions du réel se métamorphoseraient.

La lumière est à la fois onde et particules. Nous percevoir en tant qu’énergie, nous renvoie à notre dimension d’onde et à l’universalité des liens qui nous articulent les uns aux autres de façon indissociable.
Nous sommes un ensemble d’énergies, dont chacun est un représentant particulaire et le terminal d’un vaste monde où rien n’est séparé.

Le savoir est une chose, le percevoir et le vivre conduit à cette conscience d’ensemble ou il n’est plus possible de se recroqueviller sur nos petites vies personnelles, albums de souvenirs ; ceux-ci nous enferment dans un espace qui nous isole de l’énergie de vie, de l’énergie commune.

Le discerner est un premier pas pour inventer un monde à partir de ce qui peut survenir sans a priori passés, pour accoucher d’une Terre où la justice, la dignité, la fraternité, et le respect de tous par tous ne seront plus des vains mots mais des réalités.
La conscience d’ensemble connait l’abondance mais pour que celle-ci s’écoule il est indispensable d’avoir foi en la Vie et de ne rien s’attribuer.

Tout amas crée une stase dans la libre circulation des possibles et entrave la répartition équitable de ce que la Vie propose. Penser en conscience d’ensemble détourne de ce nous pensons juste pour nous-mêmes ; là niche une difficulté !

Nous sommes tous frères et sœurs d’un monde dont nous héritons ; ne revendiquons pas plus grande part d’héritage particulière mais faisons fructifier ensemble ce qui nous est donné.
L’avenir restera en deçà de ce que peuvent faire naître nos ouvertures de conscience, si les souvenirs et les différents modes de vie du passé continuent de nous conditionner. Ils ne sont que la manifestation du siècle dernier, cherchons à penser le futur et proposons ce qui peut survenir !

Un autre monde est possible, il nous revient de le construire.

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