La tête et les jambes

 In La rubrique de Frédérique

Penser et agir. Voilà un tandem qui voyage selon cet ordre particulier, si l’on souhaite maîtriser à minima le sens de nos actions.
Penser avant d’agir signe un projet.
Agir avant de penser témoigne d’une pulsion, d’une domination instinctive qui conditionne un comportement réflexe qui échappe au bon sens.
Penser est une impulsion, un élan premier au niveau mental qui organise le devenir avant de le mettre en forme.

Mais le jaillissement initial ne suffit pas ; il faut donner corps à ce qui pousse !
Le plus haut rejoint le plus bas, le plus subtil pénètre le plus dense, l’immatériel et l’essentiel s’incarnent.
La pulsion seule propulse ; elle provient des tréfonds inconscients de nos sphères émotionnelles et s’affiche instantanément dans nos actes. Elle n’est pas conçue car elle gît en deçà du monde mental mais elle génère dans nos vies, un impact qui prend forme avec son cortège de conséquences factuelles.

Faire, occupe. Faire, éprouve. Faire, évite parfois de nous rencontrer. A quoi sommes nous reliés dans nos « faire » ? Au monde conceptuel ? Au monde pulsionnel ?
Deux mondes, deux sources possibles qui colorent l’existence de responsabilité ou d’inconséquence.

Penser exige un trajet entre l’origine d’une idée et sa réalisation.
Ainsi se déroule la genèse des évènements sur un plan, dans un espace, une temporalité qui prend en compte de multiples facteurs qui orientent le faire en fonction de l’objectif initial.
Cela découle d’une vision qui conçoit dès l’origine le mouvement qui va de la conception au terme échu, sans précipitation, respectueux des aléas propres à chaque étape de l’accomplissement.
Penser dessine un temps évolutif ; agir en conséquence, également.

Mais quand agir précède la pensée, il campe dans l’immédiateté, et ses répercussions traduisent l’absence de réflexion. C’est un mal pour un bien, quand l’erreur de l’empressement, aide à comprendre qu’il importe de faire autrement !
Si aucune leçon n’est tirée des résultats de nos actions décérébrées, nous alimentons la perpétuelle répétition du faire sans conscience et tournons, inlassablement, comme des hamsters sur une roue, agités dans un mouvement qui ne permet plus de sortir de nos cages.

Penser permet de réfléchir sur différents niveaux, les possibles conséquences qu’une impulsion propose.
Réfléchir est alors une façon de contempler ce qui apparaît devoir être, avant de l’agir.
Cette phase de prise en compte est un temps indispensable pour que la réflexion fasse son œuvre et permettent d’envisager tous les reflets qui dévoilent l’intelligence de ce qui cherche à éclore.

La tête sans les jambes est impuissante à faire.
L’action sans la pensée est impuissante à trouver dans l’essentiel le geste qui permettra une réelle évolution.
En ces temps de printemps, en ces temps d’inauguration d’un renouveau énergétique, sachons prendre le temps de penser pour agir au plus près de ce qui nous apparaît devoir être pour accompagner le mouvement du monde dans sa plus grande beauté.

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