Tu crois ce que tu vois, ou tu vois ce que tu crois ?

 In La rubrique de Frédérique

Non, non, faut pas le croire !
Tu crois ce que tu vois, tu vois ce que tu crois mais dans ce cercle qui va de toi au vu et du vu à toi, tu t’enfermes dans un cénacle de déjà-vu qui se revoit, se consolide et se donne pour preuve quand il n’est qu’indice.
Tu crois ce que tu vois, mais ce que tu vois n’est qu’une organisation particulière de vibrations auxquelles tu es sensible et qui donne corps à une réalité illusoire que tu prends pour vérité.

Comment douter de l’évidence d’un spectacle qui s’offre au regard ? Comment imaginer qu’au-delà du vu, existe un invisible beaucoup plus grand, beaucoup plus profond, beaucoup plus vrai qui donne vie au visible qui le masque ?
Comme l’arbre cache la forêt, le vu de nos yeux vu, même à la télé, n’est que mirage se parant d’exactitude.

Mais ce que tu vois, fait preuve et la preuve est tangible. Elle se décrit, peut même se reproduire, se dessiner, s’immortaliser dans une image qui lui donne un goût d’éternité.
L’invisible lui, échappe à tous et nul ne peut se targuer de l’avoir vu ; tu peux cependant imaginer son sens, son devenir, son origine et son évanescence.

Tu crois ce que tu vois et tu vois ce que tu crois mais si tu veux sortir de ce cercle vicieux, va falloir imaginer que ce que tu vois n’est pas ce qu’il faut croire.
Ce vu diablement trompeur se donne en paysage qui permet des repères, mais en même temps te perd. Il propose des clés pour comprendre et d’autres qui enferment dans le petit monde où l’on ne croit que ce que l’on voit.

Voir donne forme par un petit bout de lorgnette, à un petit espace du monde dans une toute petite dimension. Dans cet univers créé de toutes pièces, nous croyons nous laisser surprendre alors que la surprise ne conforte que ce que nous comprenons.
Pour sortir de ce cercle vicieux ou vertueux selon que l’on croit ce que l’on voit, que l’on croit à ce que l’on ne voit pas ou que l’on se berce de « ni vu, ni connu », il faut oser se dire que rien de ce que l’on voit n’est certain.

Alors nous pouvons saisir combien voir nous rassure et nous trompe.
Voir, aveugle quand ce qui est, cherche à se signaler en restant dans les limites du manifeste. Ce n’est qu’à tâtons, que nous découvrons, comprenons et nous laissons surprendre par la vie en perpétuel mouvement, en perpétuelle actualisation ; notre vue la masque par besoin de saisir un de ses pans, et y installe des certitudes qui habillent de maîtrise notre existence sans laisser prise à la surprise.

Voir c’est parfois savoir, mais savoir que ce que l’on voit n’est pas ce qui est, forme un savoir trompeur qui se fait vérité.
Comme les mots qui se voient, se comprennent, surprennent et disent une réalité qui peut se lire à divers étages, tu crois ce que tu vois ; mais vois-tu, c’est mieux de ne pas y croire pour toucher au-delà du vu, l’essence de l’invisible.

 

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