Voiles de joie, ça geint dur dans les chaumières !

 In La rubrique de Frédérique

Il y a des couvre-chefs, il y a aussi des couvre-joie. Le couvre-chef est là pour dire qu’il convient de protéger les têtes pensantes des radiations qui pourraient les indisposer ; les couvre-joie sont les plaintes qui nous isolent de notre dimension supérieure en s’attachant aux multiples filtres qui embrument nos visions.

La plainte est une prison ; celle d’une procrastination qui se prélasse et perpétue un statu quo qui alimente en retour une dimension passive. Cycle infernal de l’inertie qui s’auto engendre en permanence.
La plainte est une revendication larvée qui espère, plus ou moins consciemment, qu’un salut viendra de l’extérieur pour nous dégager de notre soumission au mal-être, à l’inconfort, ou aux limitations.

Nous pouvons nous plaindre d’une condition, d’une situation, d’un autre, voire de nous-mêmes, mais le responsable est toujours extérieur même lorsqu’il est question de l’objectif fixé que nous n’arrivons pas à atteindre.

C’est trop dur !!!!!! C’est trop loin !!!!!!
Si loin que l’on peut même abandonner sans avoir essayer, par refus de l’effort à fournir ou par crainte de l’échec.

La plainte est une peur d’avancer, justifiée par de multiples masques pour n’avoir ni à nous prendre réellement en charge, ni à nous désidentifier des petits ou grands bobos quotidiens qui nous confèrent tant d’importance.
Plaintes et complaintes sont régulièrement nos terrains de rencontre. Complainte des malheureux comme celle des gens heureux qui s’unissent dans un flot énergivore et sapeur de ressources.

Sortir de la plainte, c’est utiliser en toutes circonstances, la force nécessaire pour être présent à l’instant, conscient de la justesse du mot, de la pensée, de l’acte à poser quelle que soit la difficulté qui se manifeste et l’implication que cela représente.

Les conditions de vie, les états de fatigue, les objectifs trop lointains, tout est occasion de se lamenter sur les tribulations du chemin… Or, nous avons la possibilité de traverser les obstacles sans geindre, en les affrontant un à un, ce qui permet d’en sortir grandis … Cela exige d’oublier de parler de soi !
Avec la plainte, nous restons au centre, captant l’attention de l’autre pour nourrir notre passivité.

Rien à voir avec l’indignation. Celle ci refuse de cautionner l’intolérable, dans un premier temps, puis s’inscrit dans une démarche active qui ouvre sur un changement, sur d’autres possibles ; en cela s’indigner est un pas vers l’autonomie de pensée, dans une dynamique créatrice et responsable. S’indigner impulse une nouvelle proposition en vue d’améliorer les conditions qui semblent inadaptées ou révoltantes.

Plutôt que de vibrer sur des fréquences syntones d’amour, nous nous rallions encore trop souvent au son de la plainte ; heureux de n’être pas seuls sur le sentier des difficultés et inconscients de la lourdeur avec laquelle nous pénalisons l’ambiance générale.

La plainte est un couvre joie ; elle nous isole de notre être essentiel, elle nous colore de gris, alors que la joie s’exprime en pastel.
Troquons les habits de nos plaintes pour ceux de la joie ; présente au delà, elle ne cherche qu’à rayonner.
Cessons de nous plaindre… soyons joie !

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