À nous de jouer !

 In La rubrique de Frédérique

En passant d’une minuscule à une majuscule, nous optons pour une vision plus large ; l’effondrement vu par le petit bout d’une lorgnette rétrécit la vision, la fixe sur ce qui s’effondre en excluant son au-delà, dans l’immédiat.
L’Effondrement, lui, du haut de son grand E, surplombe les situations, comprend leurs articulations globales et solidaires et signe l’entrée dans un autre cycle. Là, les paradigmes changent, imposent une nouvelle compréhension, permettent d’entrevoir d’autres possibles dans un espace de compréhension plus large où il devient possible d’envisager le long terme, avec la force de l’espoir et l’intelligence du sens.

Ce que la chenille appelle fin du monde, le papillon l’appelle renaissance.*
À l’aune de nos lucidités de chenille, le monde semble courir à sa perte et l’effondrement semble inéluctable, mais que disent les papillons ?
Ils disent l’importance d’habiter l’espace et de ne pas s’attacher. Ils enchantent par leurs couleurs et leurs diversités, ils ne se fixent pas ; ils se posent, butinent et partagent le fruit de leurs voyages en offrant des grains de pollen aux fleurs qu’ils visitent lors d’une rencontre éphémère, mais cependant créatrice. Ce sont des artisans de l’amour, des artisans de la beauté, des artisans du bien commun qui permettent avec d’autres, le foisonnement du vivant végétal.

L’effondrement de la chenille porte donc un avenir désirable, car le papillon qui épouse le cœur des fleurs contribue à l’essor d’un monde dont il ne perçoit pas les limites.
Certes, il répond à un instinct atavique dont il n’a pas conscience, mais la vie délivre à travers lui, une leçon.
Rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme. Cette loi physique s’applique à toutes les situations, mais sans cesse, nous l’oublions. Ce qui s’effondre permet la naissance du nouveau et son expansion subtile.

Les valeurs quantitatives, les valeurs du capitalisme et de l’égoïsme voient se dessiner les premiers fils d’une chrysalide, les perspectives de survie s’effondrent et quelques chenilles ignorantes se livrent à des barouds d’honneur avec vigueur. Mais si rien ne se perd, rien n’est donc perdu et c’est à nous de percevoir les transformations à l’œuvre et de concevoir les nouveaux paradigmes.

Du côté formel, le monde de la chenille s’écroule ; du côté conscience, la vie apprend que tout est cycle, et que chaque espèce contribue à sa mesure, au déploiement du vivant.
L’humain n’échappe pas à la règle.
Pénétrer un nouveau monde impose d’abandonner nos références passées, car c’est en renonçant aux habitudes chenilles que nous pourrons traiter les problèmes papillons.

La légèreté du papillon, sa liberté s’inscrivent dans le mouvement global, dans l’organisation solidaire du monde. La conscience de l’interdépendance de la Terre, des Terriens, la découverte des fonctions attribuées à chaque règne et à chaque élément le composant, éclaire notre rôle de passeur et invite chaque espèce à participer au bien commun, sans thésauriser pour le particulier.
Faire croître la conscience et révéler sa suprématie sur la forme revient à l’humain. À nous de jouer pour diffuser le pollen de l’amour dans tous nos alentours.

* Violette Lebon

Contact Us

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

Not readable? Change text. captcha txt

Start typing and press Enter to search