Adieu l’envie, bonjour la vie

 In La rubrique de Frédérique

L’humain est ainsi fait qu’il se sent cycliquement satisfait ou à l’inverse, insatisfait ; et dans l’espace qui va du plus au moins sur l’échelle de la satisfaction, il expérimente des états résultant d’expériences en creux, en bosses ou en suspens.
Au centre, la fadeur d’un ni plus ni moins, ni tentant ni repoussant, ni plein ni rien ; le calme plat, qui côté pile, laisse place à l’ennui quand il se fait accueil patient, côté face.
C’est sur cette face cachée de sereine attitude que germent les renoncements.

Ceux-ci ne sont plus refus, mais tris ; ils ne sont plus rejets, mais découvertes d’autres priorités ; ils passent aux oubliettes les désirs éculés pour faire place à la raison. Une raison prometteuse, non restrictive, une raison qui sonne le glas de l’inutile, met en sommeil les plaisirs mirageux pour pénétrer une voie de lumière accessible à tous, mais que nul n’atteint s’il reste centré sur son bien propre.

L’usage courant de la renonciation à divers étages de l’expression est un sésame pour atteindre cet autre monde. Renoncer à prendre, renoncer à faire son marché, renoncer à servir ses intérêts, renoncer à la critique, renoncer à la compétition et entrer en laissant à la porte les attentes personnelles, pour avancer dans l’espace de notre communauté essentielle, est un changement radical de paradigme.
Adieu l’envie, bonjour la vie pour concourir à l’expansion, à la célébration de ce qu’elle offre, au-delà, bien au-delà de ce qui satisfait ou insatisfait les personnalités en mal de reconnaissance.

Renoncer à baguenauder, renoncer à se perdre en conjectures multiples, renoncer à savoir si faire ou ne pas faire convient, renoncer au flou pour adopter une vision claire sonne le glas de l’insouciance personnelle, indique la direction du bien commun et la meilleure façon de le mettre en œuvre.

Dans ce monde qualitatif, nul ne fait plus les comptes, mais tous comptent pleinement les uns sur les autres ; dans ce terreau de joie, chacun participe unanimement à l’œuvre collective, sans chercher à tirer profit d’une situation ou à sortir subtilement son épingle du jeu.
Nul ne songe à engranger plus que nécessaire, car les surplus indisposent l’ensemble et entravent les libres mouvements. Les avoirs ne se monnaient pas, ne se cherchent pas, ne se désirent pas, mais se subliment dans une qualité d’être. Il n’est plus question d’acquérir des biens, mais d’incarner le bien ; plus question de faire état de ses lettres, mais de les partager.

Même les déboires, les déconvenues, les déceptions qui inévitablement surgissent, se transcendent, ouvrant sur de plus vastes champs de conscience à explorer ensemble.
Il y a toujours un Tout plus grand auquel nous référer, auquel concourir et de Tout en Tout, nous retrouverons l’Un dont il s’origine et qui nous échappe, encore pour quelque temps.
Adieu l’envie, bonjour la Vie

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