A priori ou a posteriori ?

 In La rubrique de Frédérique

A priori, mieux vaut parler des évènements a posteriori qu’a priori, car a priori, nous n’en savons rien !
A priori porte un avant avec plus ou moins de brio quand son collègue a posteriori se fait le chantre d’un après qui peut dire sensément de quoi il a été question ; mais ces frères ennemis échappent tous deux à l’instant qui n’est ni avant ni après, mais présent. Un présent qui sans cesse doit se réinventer pour ne pas être dans l’avant d’un futur ou l’après d’un passé.
Le présent est un mystère dont on ne peut véritablement parler, car tout mot en passe de le traduire est déjà dans un après qui cherche à pérenniser a posteriori ce qui se veut spontané, mais a pourtant un gout de ressassé.

Comment épouser le fil du temps pour tisser au quotidien la trame d’une existence d’où surgit une compréhension dans l’instantanéité du présent ou l’a posteriori ? En abandonnant a priori, évidemment ! car nous ne pouvons rien connaître avec lui. Quand nous usons ou abusons de ses services, nous nous installons confortablement sur un terrain de suppositions où logent espoirs et peurs qui diront a posteriori, s’ils avaient raison ou tort d’avoir pressenti un futur, là où aurait pu s’élever un présent.
Dans l’incarnation, nul n’esquive le temps, mais sortir des à priori pour découvrir un présent en l’embrassant pleinement, tirer leçon de ce que l’expérience vient dire et entendre les notes de ce qu’elle offre à chaque instant, est une opportunité permanente.

Mais voilà, il faut pour cela dégager nos a posteriori, de nos a priori, en osant revisiter nos poncifs pour accueillir le présent et se laisser surprendre par l’instant. Trop souvent celui-ci colle à nos a priori pour ne pas les faire mentir ou éviter de réveiller le germe d’un nouveau qui pourrait déconcerter. Ces petits arrangements avec nous-mêmes sont autant de tangentes qui effleurent le cercle du vivant sans chercher à le pénétrer pour n’être pas dérangés par une connaissance qui implique.

A priori, nous avons tous les moyens d’avancer ; a posteriori nous constatons que nous avons fait du surplace ou que nous avons cheminé sur le cours d’un présent habité ou survolé, découvert ou rêvé, accepté ou rejeté ; un présent auquel nul n’échappe, mais qui nous échappe bien souvent lorsque nous traversons en aveugle le présent de l’existence, obnubilés par nos mémoires, nos savoirs et les a priori qui limitent sans compter champs et chants du possible.

A priori, nous avons tout pour réussir ; a posteriori nous apercevons nos ratages, mais ce sont eux qui, une fois reconnus, créent le lit de l’éternel présent.
Rien d’alarmant donc, si nous reconnaissons a posteriori, le piège de nos a priori, car la route du présent est une échappée belle à chaque instant.
De nos a priori à nos a posteriori, nous traversons cahin-caha, de multiples instants présents.

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