Arrête de ronronner

 In La rubrique de Frédérique

 

 

Si t’es pas étonné, c’est que tu ronronnes.
Évidemment, tu peux ronronner de plaisir ou d’ennui, mais dans les deux cas, tu ronronnes dans une normalité satisfaisante ou insatisfaisante dont tu te satisfais pourtant sans chercher à déceler l’once du nouveau en germe sous les événements du temps. Ne pas prêter attention aux pousses du changement à l’œuvre coupe inévitablement du mouvement de vie.

L’entour évolue à chaque instant, à toi d’en déceler les mutations.
La circulation est fluide ou ne l’est pas, les paysages que tu traverses sensiblement identiques, mais rien n’interdit de s’étonner des camaïeux de nuances qui donnent à chaque instant son unicité. Les routes ont été pensées ; cela semble normal à l’utilisateur, mais comment ne pas être étonné de tout ce travail en amont, de tous ces talents dont nous profitons parfois comme des enfants ignorant que les apparences, comme les évidences sont avant tout des conséquences.
Et cette voiture que tu conduis, ce train, ce vélo, cette trottinette que tu empruntes sont le fruit d’une intelligence née pour te faciliter l’existence ; jusqu’à ton propre véhicule corporel qui est d’une ingéniosité inouïe.

Étonne-toi.
Étonne-toi que ça fonctionne avec précision, coordination, coopération.
Étonne-toi d’avoir sous les yeux des modèles qui incitent à les suivre pour ordonner au mieux la danse du vivant sur la planète.
Si tu ne t’étonnes plus de rien, tu te coupes du progrès en fermant la porte à toute découverte. Si tu ne t’étonnes plus de rien, tu es prisonnier d’un savoir que tu n’interroges plus.
Prisonnier d’habitudes qui écartent tout inédit ; prisonnier de peurs qui excluent l’au-delà qui cherche à paraître ; prisonnier de conditionnements hérités d’hier ; prisonnier du passé et des mémoires qui limitent l’ensemble de tes visions et de tes potentiels.
Si tu ne t’étonnes plus, t’es un peu zombie au pays du pareil au même. T’es là sans être là ; t’es là comme un automate qui goûte à l’envi ou sans envie un quotidien qui n’a d’autre fonction que de se répéter machinalement, dans un identique qui a perdu le sens de son pourquoi.

Si tu ne t’étonnes plus, c’est que tu oublies le questionnement.
S’étonner c’est garder un œil ouvert sur le mystère, sur l’origine, et s’autoriser à investir pour soi-même comme pour l’ensemble un encore inconnu, un futur imprévu.
Étonne-toi, ça vaut la peine de sortir de sa prison pour aller reconnaître ce qui pourrait surgir au détour du chemin. Étonne-toi pour découvrir ton champ de service et deviens passeur d’insolite, histoire d’accompagner toujours au plus près le mouvement incessant de la vie qui pulse en toi et tout autour de toi.
Étonne-toi, rien de tel pour arrêter de ronronner.

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