Bienvenue dans l’au-delà

 In La rubrique de Frédérique

Il est là, présent, éternel, muet et plein de sens ; il pénètre tout ce qui est, se laisse approcher par qui capte l’invisible et se masque avec brio, sous divers extérieurs.
Il est l’au-delà qui se découvre et immédiatement échappe, car qui le perçoit, veut l’attraper, le saisir, le nommer, et l’habille ainsi d’un aspect qui en cache l’essence.
Mais, quels que soient les profils qu’il adopte, sa présence subtile ensemence l’atmosphère.

Au-delà du connu, l’inconnu qui fait fi du semblant, de l’envie et du rêve ; au-delà du connu, l’onde de l’évanescence créatrice, l’énergie source de vie qui s’insinue sous le factice de l’existence et les fastes qu’entretiennent les émois, les désirs, les idées, les paroles sensées ou insensées. L’au-delà appelle, attire ; il invite à passer outre le familier pour une traversée substantielle, pour un voyage imposant de couper un à un, les fils qui relient sérieusement, à l’inessentiel.

L’au-delà précède l’origine et survit au but ; sur sa toile se dessinent les chemins qui mènent de l’un à l’autre et la trame qui en émane, révèle le tracé de nos pèlerinages. À chaque instant, l’occasion de reconnaître, d’apprécier ou de dédaigner de multiples modelés s’offre à tous ; à chaque étape, nous pénétrons plus avant, au-delà de la vraisemblance, pour percevoir derrière l’écrin de l’existence, les liens qui arriment aux créatures et aux objets de nos alentours. Ainsi, se découvrent au fil des actes, l’enchaînement des scènes d’un quotidien gonflé d’importance fictive, qui fait écran au déroulé de la Vie.

L’Être joue à cache-cache sur l’envers du décor ; pleinement actif du côté intérieur, il se moque des drames et comédies qui animent les rives du manifeste.
Vouloirs, avoirs, savoirs sont des paillettes qui enjolivent l’apparence, hypnotisent, cantonnent dans le monde du pare-Être et laissent croire que le beau, le bien, le vrai s’acquièrent, se collectionnent, s’emmagasinent comme des marchandises. Or les formes sont mirages ; ce sont des jouets prêtés par les dieux pour que l’humain détecte derrière le miroir et les décors en carton-pâte qui paraissent si réels, l’inhérent primordial.

Tant que nous aimons de façon séparée les objets, les lieux, les personnes, tant que nous nourrissons le monde de l’importance personnelle en nous emmitouflant dans les voiles de la satisfaction ou de l’insatisfaction, nous campons tels les personnages d’un théâtre de pacotille sur une scène imaginaire.

Mais quand l’au-delà pointe sa vibration, il renverse nos repères, détruit l’ordre trompeur que nous chérissions tant.  L’univers des saveurs ou des dégoûts antérieurs, jonché des détritus du superflu apparaît pour ce qu’il est, la scénographie d’une réalité déchue.
Libérés de nos geôles, nous pénétrons l’espace par la voie du milieu, apprenons à goûter la fadeur du cœur qui aime sans compter, sans attente, sans façons et œuvrons à la révélation de l’Être dans l’infini de l’au-delà.
Que 2021 soit occasion pour tou(te)s d’entrer en chœur, en joie sur une note d’au-delà.

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