Cache-cache

 In La rubrique de Frédérique

La peur est tentaculaire ; elle s’insinue dans tous les interstices du psychisme et des comportements. Habile à se maquiller, elle se montre sous tous les atours et revendique allègrement droit de cité dans l’habitacle du quotidien.
Sous couvert d’impatience ou d’irritabilité, elle exprime la crainte que les choses ne se passent pas comme prévu, la déstabilisation qu’entraîne la différence dans la façon de traiter les affaires, la difficulté de composer avec un autre et donc le fait de ne pas être Un avec ce qui nous entoure.
Mais l’impatience et l’irritabilité sont des masques de la peur, et la tendance à se comparer en est un autre ! Pourquoi nous comparer si ce n’est pour nous rassurer, nous flageller ou nous dévaloriser ? La peur d’être dépassé ou celle de n’être pas à la hauteur se loge incognito dans toutes comparaisons.

Et que dire de la critique qui s’inscrit toujours sur le continuum vibratoire que nous avons fait nôtre pour servir d’écran au film de notre vie ? Dès lors, tout ce qui ne rentre pas dans les clous de nos croyances ou de nos valeurs est passé au crible de nos jugements et la critique rejoint là, le mouvement qu’initie la comparaison. L’autre est critiquable, car il ne fait pas ce qu’il doit, et nous savons ce qu’il devrait faire ; encore l’expression d’une peur d’être remis en cause ou de devoir revisiter nos conceptions.
Mais la peur ne s’arrête pas là ; derrière ses aspects évidents, elle s’exprime chez celles et ceux qui sont toujours en avance, par peur d’être en retard ; chez celles et ceux qui sont toujours en retard par peur d’attendre ; chez celles et ceux en mal de reconnaissance qui se travestissent par vantardise ou par inhibition.

La susceptibilité émane aussi d’une peur d’être pris en défaut, mal jugé, condamné ; d’une peur de ne pas être approuvé et donc de risquer le rejet.
L’orgueil même peut être une façon de se prendre pour ce qu’on n’est pas, par peur de ses limites. Autant s’enfler que de risquer de passer inaperçu. Quant à la modestie, quand elle est feinte, elle est une façon de se planquer, de se tapir dans l’ombre en attente de compliments ou une manière de rester embusqué pour ne pas être sollicité pour une tâche qui n’attire pas ou que l’on craint de ne pouvoir accomplir.

Il y a toujours une peur, une crainte, une appréhension qui se loge quelque part, quand la certitude intérieure d’être ne nous habite pas pleinement. Mais il ne faut pas croire que les kamikazes, les têtes brûlées, les casse-cous ne connaissent pas la peur. Le « même pas peur » parle encore de la peur, de la peur d’avoir peur et de passer parfois pour une mauviette dans un monde où il ne fait pas bon avouer ses peurs.
Il y a aussi la contagion des peurs qu’utilisent certains pour asseoir leur pouvoir et manipuler celles et ceux qui ne discernent pas les enjeux en présence.

C’est dire si les peurs envahissent l’atmosphère et s’insinuent au cœur de nos existences, quand celles-ci n’ont pas suffisamment développé l’amour ; car seuls l’amour, l’unité, l’innocuité fournissent les atouts qui permettent de dompter et de coucher les peurs dans le jeu de dupes qui nous sert de décor, avant que nous en comprenions le sens.
Mais qui joue à cache-cache avec les peurs, finit par les trouver et peut choisir d’aimer pour s’en débarrasser.

Sacrée libération

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