Ce qui est fait est fait
Ce qui est fait est fait.
Ce qui est fait n’est plus à faire ; c’est vrai et c’est faux à la fois.
Imagine la Terre se disant après un tour sur elle-même « c’est fait » ; imagine le monde si elle décidait d’en rester là. Nous serions plongés dans une nuit ou dans un jour sans fin.
Imagine-toi lavé une fois pour toutes et considérant que ce n’est plus d’actualité.
Imagine qu’une fois la poubelle vidée, elle n’aurait plus à l’être à jamais.
Imagine une pensée à ne plus questionner puisqu’elle a fait son œuvre, une fois pour toutes.
Imagine, imagine vraiment.
La Terre serait encore plate pour l’ensemble des esprits, et nous serions englués dans le déjà fait, déjà éprouvé, déjà pensé ad vitam aeternam. Nous serions au point mort, cristallisés dans nos hiers, et bien incapables de recycler nos façons d’être au monde.
Ce qui est fait n’est plus à faire. C’est vrai sur le moment et c’est pour cela qu’il a fallu le penser, en avoir le goût et le faire ; mais tout, à chaque instant invite à refaire du même en le colorant de différent.
Comme la Terre, cycle après cycle, nous redonnons à nos jours et à nos nuits le pouvoir d’initier du nouveau en utilisant l’ancien comme tremplin pour l’avenir. L’existence a ceci de fascinant qu’elle ne s’arrête pas à l’aune de l’apparence et qu’elle invite en permanence à comprendre ce qu’elle présente comme possibilité d’évolution. L’état du monde est un instantané, mais il ne peut rester figé.
C’est un dessein animé pour adultes conscients ou inconscients du rôle qu’ils ont à jouer dans ce qui est et dans ce qui peut être. Car ce qui est fait a des effets, et ce sont eux que nous accompagnons dans le sens du bien commun ou dans celui de quelques-uns. Ce qui est fait est fait, mais uniquement pour nous permettre de penser un après, non pour en rester là.
Si chaque jour nous réalisons que ce qui est, n’est qu’une conséquence appelant une nouvelle présence, une nouvelle vision, une nouvelle créativité pour amender nos terres intérieures, ce qui est fait servira de terreau à ce qui peut advenir, et nous accompagnerons l’avenir plutôt que de subir le passé.
C’est notre seul choix : être conscient de notre part à jouer dans la société d’aujourd’hui, ou l’endurer sans chercher à comprendre notre place et notre responsabilité dans ce que nous voulons voir émerger alentour.
Ce qui est fait est fait. Inutile donc de se plaindre, mais il est urgent de comprendre comment nous libérer des travers que nous avons tous et toutes contribué à forger pour aller vers un monde plus respectueux, sans complaisance, sans faux-semblant et avec authenticité.
Ce qui est fait est fait, mais tout ce qui reste à faire fournit l’occasion de réinvestir ce que nous offrons individuellement et collectivement avec plus de conscience pour donner à l’être le pouvoir de rayonner à travers tous nos faire, sur chacun des nombreux cycles de l’existence.