C’est l’été !

 Dans La rubrique de Frédérique

 

 

C’est  l’été ! Qu’on l’écrive à l’endroit ou à l’envers, c’est toujours l’été. C’est un palindrome, et un palindrome c’est un drôle de mot qui, lu à l’endroit où à l’envers, reste identique. C’est comme non : N, O, N ; dans un sens ou dans l’autre, cela donne toujours non. Et il est d’autres mots comme ça.
À l’inverse, OUI diffère selon qu’il se lit de droite à gauche ou de gauche à droite, alors que non ne change pas, quel que soit le sens. C’est une façon de dire que quand c’est non, c’est non, puisque par quelque bout que l’on prenne la chose, c’est non. Et un non, ça clôt. Ça met un terme à une demande, à une question, à une situation.

Parfois le non est nécessaire tant il est important de clore quelque chose avant de passer à autre chose.
Parfois le non est indispensable pour laisser place à un oui. Mais le oui, lui ne propose pas d’aller-retour ; il ne se lit que dans un sens ; le oui implique un mouvement, un aller vers qui dynamise, quand ce n’est pas un oui d’apparence, quand c’est un oui profond, évidemment ! Et même si le oui ne s’attache qu’au plan des idées, il dessine le tracé d’un chemin.
Ainsi, entre non et oui, prennent place les possibles à lâcher et ceux vers lesquels s’engager. Parfois des oui se proposent, mais leurs incidences peuvent être telles que nous sortons nos non, sous une kyrielle de masques, pour ne pas y aller !

Oui, nous aimerions être plus aimant ; mais non, nous ne sommes pas prêts à considérer l’autre comme nous-même ; non, nous ne sommes pas prêts à partager sur les différents plans de la manifestation. Non, nous ne sommes pas prêts à nous oublier, même si le oui accepte le concept de fraternité humaine, et y souscrit sans réserve.
Dans ce jeu de oui et de non, nous pouvons cycle après cycle repérer nos places sur le chemin d’évolution.

Mais il y a non et non ; et les non que nous attestons, les non que nous affirmons fermement, obligent, car il n’y a pas de non, sans oui.
Un non est un négatif, mais il est la conséquence d’un oui sous-jacent qui impulse un refus de ce qui est, d’un oui qui indique qu’il n’est plus tolérable de subir, qu’il n’est pas acceptable de cautionner telle ou telle situation, ni de s’accommoder de menues ou de grandes incohérences.

Il est toujours enseignant de voir où se logent nos non, en allant à leur racine cachée, pour y dénicher les oui qui cherchent à poindre et exigent de nouveaux engagements. Ce n’est pas un jeu de « ni oui ni non », mais le jeu de non et de oui qui se font la courte échelle pour accueillir un mieux en passe de parfaire nos façons d’être au monde.
Oui, non, deux petits mots qui nous offrent l’occasion à chaque instant d’identifier ce que nous choisissons ou refusons de nourrir. Deux petits mots pour entreprendre un sacré boulot auquel nous consacrer !

Eh oui, c’est l’été. Non ?

Contactez-nous

Vous pouvez nous envoyer un e-mail et nous vous répondrons dans les plus brefs délais.

Commencez à taper et appuyez sur Entrée pour rechercher.