C’est pas drôle, mais vaut mieux en rire
C’est pas drôle, mais vaut mieux en rire. C’est une formule toute faite, mais que dit-elle vraiment ?
Quand quelqu’un se casse la figure sur le trottoir, c’est pas drôle, mais cela génère souvent des rires. Pourtant là, mieux vaudrait ne pas en rire, mieux vaudrait aider l’autre à se relever, mieux vaudrait le secourir si besoin est.
C’est pas drôle, mais mieux vaut en rire. C’est une formule inadaptée, mais cela ne veut pas dire que s’il ne faut pas en rire, il faut en pleurer, non !
Sans inscrire les choses dans une comédie ou dans une tragédie, tout invite à comprendre le dessous des jeux et la façon dont on les interprète.
C’est pas drôle la généralisation des guerres en tous genres,
C’est pas drôle la montée des moi d’abord individuels, collectifs , nationaux.
C’est pas drôle la non-considération des uns par les autres.
C’est pas drôle les besoins criant de certains quand d’autres nantis vivent comme si le monde leur appartenait.
C’est pas drôle et mieux vaut ne pas en rire, mais il n’est pas non plus utile de larmoyer, car cela ne change en rien la donne.
L’important est de ne pas réagir face aux événements, mais de discerner dans chacun d’eux, dans chaque discours, dans chaque choix fait par d’autres ou par nous-mêmes, ce qui se profile à l’arrière-plan.
C’est pas drôle, mais ça ne nous empêche pas de penser et d’analyser ce que nous pouvons comprendre du monde, au sein duquel s’insère notre petit monde.
Rire ou pleurer au constat de notre inhumanité ne permet pas de faire croître les valeurs qui pourraient bénéficier à tous. Et c’est là qu’il nous est demandé de penser pour ancrer de nouvelles visions.
C’est pas drôle et c’est pas la peine d’en rire, mais il est cependant urgent de rire de soi, de rire de notre propension à prendre au sérieux tel ou tel individu, telle ou telle situation, telle ou telle difficulté alors qu’elle n’est qu’un épiphénomène dans le grand chantier Terre auquel participe l’humanité.
C’est pas drôle et faut pas en rire, mais chaque fois que quelque chose nous interpelle, considérons-le comme une inscription dans une histoire qui nous dépasse.
Mais ne nous y trompons pas ; ce n’est pas parce que ça nous dépasse et que nous sommes impuissants à changer le monde qu’il ne faut pas se sentir concerné ; non ! C’est en changeant notre monde, nos pensées à l’origine de nos actes et de nos paroles et en les inscrivant dans une vision solidaire et respectueuse que nous pouvons nous dire que le travail pour lequel nous nous levons chaque matin, n’est pas drôle, mais qu’il exige que nous quittions le côté « j’aime, j’aime pas », pour nous amener à penser plus grand, plus aimant.
Et que ce ne soit pas drôle ne doit pas couper du contentement de venir à bout des difficultés que nous sommes capables de résoudre pour amener plus de fluidité dans nos relations. C’est pas drôle, mais c’est drôlement important d’envisager que nous avons notre part à jouer pour amener une once de mieux sur Terre.