Citer ses sources

 In La rubrique de Frédérique

Citer ses sources

 

Citer ses sources, c’est tracer le chemin qui va de l’un à l’autre. C’est établir une géographie des savoirs, une histoire des savoirs, une économie des savoirs pour autoriser chacun à remonter le fil qui nous vient d’une source unique.
Citer ses sources, c’est permettre à l’autre d’identifier le filtre avec lequel les choses ont été comprises et diffusées. Le savoir n’est pas là pour rester enkysté dans quelques têtes bien remplies, il est là pour toutes les têtes bien faites, ces têtes en fête qui se réjouissent de découvrir la Connaissance.

Citer ses sources pour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, car toute inspiration véritable vient des zones de l’inédit, de la voix du silence qui a pris corps dans les mots de celui ou de celle qui s’est trouvé en syntonie vibratoire avec ce dont il se fait passeur.
Citer ses sources, car les savoirs proviennent tous d’un savoir préexistant, d’une Connaissance fondamentale que les hommes et les femmes cherchent à reconnecter, à reconnaître pour en être les diffuseurs les plus neutres.
Si on oublie de citer ses sources, si on omet de citer ses sources, si on refuse de citer ces sources, on triche. On triche avec les autres, mais on triche surtout avec soi-même. La personnalité se gausse alors de ce qu’elle a découvert, oubliant qu’elle n’a trouvé que ce qui existait déjà et occultant que le chemin pour arriver jusque-là a été ouvert par l’âme qui toujours, aiguillonne vers un mieux collectif.

Citer ses sources, c’est afficher notre interdépendance, montrer au monde que seuls nous ne sommes pas grand-chose, que seuls nous sommes un petit quelque chose, mais que ce n’est qu’ensemble que l’on devient porteur de grandes choses.
La source est toujours en amont ; l’âme est toujours derrière tous les petits et les grands arrangements que nous nouons au cours de l’évolution. Si on s’attribue une idée sans dire qui nous l’a soufflée, on oublie que seul le souffle de l’âme impacte les têtes bien faites. Et ces têtes bien faites, quand elles ne se statufient pas dans une emphase personnelle, redonnent systématiquement ce qu’elles ont reçu, car il ne sert à rien de garder ce que nous sommes destinés à diffuser.

Vol et avarice sont les deux plaies qui empoisonnent toutes les recherches menées par le monde ; et c’est à nous de veiller à ne pas reproduire ces fléaux du séparatisme dans ce que nous partageons. L’amour nous y incite. La considération pour ce chemin de transmission nous y invite.
Nous ne sommes que le produit de multiples influences et identifier ces influences, c’est magnifier la gratitude et l’adelphité.

Que notre source vienne du café du commerce ou de la dernière publication scientifique, c’est important de le dire, et il est indispensable de comprendre que nous colorons systématiquement ce que nous diffusons de ce que nous sommes.
Citer ses sources c’est être transparent et saluer le chemin qu’elles ont pris pour venir jusqu’à nous. C’est en faire état pour ne pas tromper et éclairer l’alentour de ce que nous avons entendu, intégré, compris sans nous prendre pour ce que nous ne sommes pas, sans nous prendre pour les auteurs d’une pensée, d’une idée dont nous ne sommes que les relais.
Et c’est ainsi, en citant nos sources, que nous devenons de véritables adelphes.

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