Conjugo de la réclamation

 In La rubrique de Frédérique

Le conjugo aime à conjuguer le moi, les « moi », l’émoi et les émois au temps du présent, du futur et du passé de la satisfaction ; il traite avec deux pôles en quête d’union ou de séparation au gré d’indices éminemment subjectifs, voire secrètement ressentis, qui délimitent l’espace où se cultivent différents types de réclamations.

II faut une distance entre soi et l’autre pour éprouver ce qui manque, ce qui comble et toutes les nuances allant de l’un à l’autre. Il faut aussi se prendre au sérieux, avoir des attentes doublées d’un certain degré d’exigence pour tenir l’autre responsable de ce que la vie nous présente ou à l’enjoindre de nous fournir des explications.
Car quiconque réclame se considère plus ou moins consciemment comme victime d’un préjudice, d’une injustice dont il n’est pas responsable.

Réclamer c’est exiger un dû qui n’est pas rendu ; c’est faire valoir des droits avec ou sans courtoisie ; c’est sortir d’une soumission aveugle pour adopter la superbe de celui ou de celle qui attend satisfaction, là où elle n’est pas encore advenue, c’est camper sur le trône d’un « c’est moi » qui attend réponse adéquate à ses demandes d’éclaircissement.
Réclamer ouvertement, secrètement, subtilement ou bruyamment témoigne donc du poids que nous accordons à la façon dont nous sommes servis, à la manière dont nous sommes considérés et assoit le règne de l’importance personnelle.
L’ego fort de sa puissance et de son autonomie nouvellement conquise réclame d’en avoir pleinement pour son argent, pour son investissement sensible ou mental, car rien n’est plus essentiel alors, que le contentement qui conforte son pouvoir. Mais la réclamation prend racine dans l’insatisfaction qui installe un insidieux malaise et invite chacun à trouver façon de le sublimer quand il ne projette pas sur d’autres, la charge qui l’insupporte.

Réclamer ce qui nous est dû, c’est être captif du monde des apparences sans réaliser que tout ce qui nous est présenté est occasion d’apprendre, de comprendre, de transmuter les vibrations de nos conditionnements passés, en détachements qui permettent lentement de gravir les monts de la libération.
Sommes-nous centrés sur nos droits, nos devoirs ou l’équilibre global ? Sommes-nous abusés par le cadre de nos perceptions limitées, limitantes forcément erronées où sommes-nous capables de regarder le monde avec un grand angle ?

Prisonniers du besoin de réparation, quand nous attribuons à d’autres l’origine de nos malaises, nous restons dans le pré carré d’une logique d’apparence, d’une économie de marché où tout est compté, y compris dans le domaine relationnel. En attendant d’un autre (individu ou institution) qu’il panse nos inconforts, nous évitons de penser et donc de comprendre l’origine de nos désagréments. Or, ce sont eux qui orientent sur les chemins de transformation et mènent à la sublimation.

Nos existences se déploient au gré de syntonies vibratoires qui adaptent le présent aux fréquences karmiques qui nous constituent ; chaque dissonance devient alors l’occasion d’une transmutation. Chaque situation donne, une fois l’importance personnelle estompée, l’occasion de gravir plus léger les monts menant au panorama de l’unité. Une fois ce palier atteint, nulle réclamation n’est possible, car seule apparaît, la beauté de l’œuvre accomplie.

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