Différemment semblables
Si tu regardes ce que vit l’autre sans te demander ce que cela te fait, ce qui te plaît, ce qui te déplaît, tu ne peux que saluer son courage.
Si tu regardes ce que fait l’autre à l’aune de tes attentes, tu vois ce qui te plaît, ce qui te déplaît, tu juges, tu compares, tu attribues des bonnes et des mauvaises notes à l’échelle de tes aprioris.
Si à chaque instant nous considérons nos semblables comme des semblables et non comme des différents, si nous nous considérons comme les parties d’un tout qui nous unit, qui nous contient et qui attend de nous que nous soyons de dignes acteurs d’un plan qui nous dépasse, nous réalisons que nous sommes tous des travailleurs à l’œuvre.
Des semblables dissemblables, des mêmes différents qui invitent avant tout à mettre l’accent sur le semblable et non sur le différent, car nous sommes tous et toutes des apprentis créateurs. Certains sont appliqués, d’autres brouillons, certains traînent les pieds, d’autres sont pressés, mais tous participent à la même œuvre et l’œuvre ne sera complète que lorsque chacun aura accompli la part qui lui revient.
Regardons-nous comme des êtres en chemin, pas comme des frères ennemis.
Regardons-nous comme porteurs des mêmes qualités fondamentales qui émanent du Tout et sachons accorder nos instruments pour émettre une musique harmonieuse.
Tant que nous considérons l’autre comme un supérieur, un inférieur ou un extérieur, tant que l’attitude de l’autre nous contrarie car elle ne correspond pas à nos attentes, nous ne le reconnaissons pas, nous ne le voyons qu’à travers nos filtres.
C’est là l’occasion d’observer nos jugements et les valeurs qu’on souhaite lui imposer pour qu’il agisse conformément à ce que nous considérons comme devant être. C’est là que prennent racine nos désirs d’éradication ou d’annexion, pour régner en maître. Tant que nous n’acceptons pas la différence, tant que nous convoquons secrètement l’autre à soutenir ce que nous sommes, tant que nous exigeons qu’il se range à nos visions, nous ne savons pas ce qu’aimer veut dire et nous ignorons ce qu’est le don.
Aimer c’est se reconnaître, se rencontrer, s’offrir pour créer un mouvement d’ondes inclusives, apaisantes et bénéficiant à tous.
T’es pas comme moi et c’est tant mieux
On est semblables et différents, acceptons-le.
C’est la peur qui empêche d’aimer, la peur de la différence, la peur de manquer, la peur de la mort, la peur de ne pas être compris, etc.
Alors entre tous les toi et tous les moi, cherchons le nous pour construire le bien commun
Entre toi et moi, inutile de jouer à pince-mi et pince-moi.
Entre toi et moi, inutile de jouer à l’annexion ou à l’exclusion.
Entre toi et moi, une seule solution, l’union.
Entre toi et moi, un échantillon des agitations qui tourmentent le monde et donc un espace pour venir à bout des multiples peurs qui envahissent les relations.
C’est la rentrée, et avec elle, l’occasion de nouvelles rencontres toujours semblables et toujours différentes.