L’engagement

 In La rubrique de Frédérique

L’engagement exige vision, détermination et responsabilité. Il dédie de l’énergie, du temps, de l’argent à un dessein particulier, car sans investissement minimal, l’engagement reste velléité. Envisager la façon dont habiller une idée pour qu’elle devienne réalité, entrevoir les étapes par lesquelles passer, évaluer le courage qu’il faudra pour atteindre le but et accepter les inévitables renoncements qu’il implique est vital pour qui veut aller au bout d’un quelconque projet.

L’engagement à l’éveil n’échappe pas à la règle, car l’éveil ne nous tombe pas dessus comme une pomme sur la tête. C’est une poussée d’évolution, une mobilisation d’énergie, de temps, d’argent dans des proportions savamment dosées pour qu’une alchimie intérieure opère et fasse œuvre transformatrice. À défaut, nous restons des enfants souhaitant voir leurs rêves se concrétiser sans renoncer à quoi que ce soit.

« Celui qui poursuit deux lièvres à la fois n’en prend aucun* » et il en est ainsi pour la chasse comme pour le sens de l’existence.
Comment orienter notre vie ? Quelles valeurs porter, relayer, plébisciter fermement ? Quelle direction suivre et comment atteindre l’objectif ?C’est en mobilisant pleinement nos potentiels que nous nous commuons en acteurs réalisés, en êtres véritablement libres et autonomes. A contrario, lorsque nous attendons des autres, quels qu’ils soient, aide, compréhension, attention, reconnaissance, temps ou argent, nous restons dépendants, quémandeurs muets, capteurs d’énergie exigeants, y compris dans la plainte.

Le chemin de l’autonomie passe par l’intériorité et engage à plus d’un titre. Nous sommes interreliés, interdépendants et nos agirs sont conséquents. Le savoir précise clairement, l’importance qu’il y a à donner et non à prendre dans notre vaste société.
Le don enrichit l’ensemble, quand le prendre créer une stase sur un point particulier. Nous sommes interconnectés et il importe de ne pas se servir de l’autre, des autres pour sa gouverne personnelle.  C’est en nous percevant collectivement que nous pouvons avancer de façon solidaire, affirmer ce qui doit être et refuser de cautionner l’inacceptable.

Ce n’est pas en condamnant que nous nous engageons, mais en nous mobilisant de façon bienveillante, ferme et inaliénable pour accueillir et traiter dans l’alambic de la transmutation, les demandes ouvertes ou larvées, les prises de pouvoir diverses, les attitudes individuelles ou collectives qui cherchent à détourner l’énergie, le temps, l’argent de la communauté pour s’en nourrir exclusivement.

Rien ne se perd rien, rien ne se crée, tout se transforme et toute prise individuelle d’énergie est une part soustraite à la communauté. Au niveau matériel les choses s’objectivent ; les pilleurs sont condamnés, mais à une échelle plus subtile, nous devons évaluer notre façon d’évoluer au sein du monde. Interceptons-nous du temps, de l’argent de l’énergie destinés à la communauté ? Et par quelles formes habiles, astucieuses, tortueuses ou insaisissables cela s’opère-t-il ?
L’engagement nécessite une vision, mais la vision d’un projet qui est trop personnel oublie les priorités collectives et vient gripper les mécanismes de l’ensemble solidaire ; c’est ce qui fait grincer le monde, c’est ce qui fait rapports de force, mais pour le comprendre il est urgent de s’élever au-dessus des rives du personnel. Le « moi d’abord » est une hérésie ; la charité ne commence pas par soi-même, mais par la compréhension de sa place dans un tout à l’œuvre dont tous dépendent.
Que serions-nous si la Terre éclatait ? Si elle cessait de tourner autour du Soleil ?
Notre engagement prend-il conscience de la communauté ou ne voit-il midi qu’à sa porte ?
Sacrée question à se poser et à se reposer sans relâche.
* Érasme

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