Entre deux mots, il faut choisir

 In La rubrique de Frédérique

Entre accepter et subir s’ouvre un champ de possible où chacun trouve l’endroit à partir duquel rejoindre l’essentialité qui préside à son existence.
Accepter rend libre, subir inféode, mais une voie de libération se dessine dans l’au-delà que ces mots disent.

Accepter est une clé de présence à l’instant qui, apprécié ou abhorré offre l’opportunité de nous positionner. Accepter c’est s’ancrer dans l’immédiat, ne pas fuir, prendre acte d’une situation qui forcément enseigne, invite à transformer ce qui est obsolète, à nourrir ce qui semble devoir être ou à inventer ce qui cherche à se dire. Accepter c’est se reconnaître tour à tour auteurs et lecteurs du livre de la vie, c’est créer la réalité que nous pouvons saisir et faire évoluer ; ainsi nous engendrons le monde et la fiction dans laquelle nous baignons.
À l’inverse subir se dit d’un trop qui nous inonde ; c’est un joug heureux ou malheureux, un refus passif ou massif, un état de victime, une posture d’attente vis-à-vis d’une instance qui impose ou propose le bon comme le mauvais. Subir donne à soumission et démission une place de choix sans aider à choisir.

Accepter c’est apprendre à discerner ce qui se passe, à identifier ce que l’on ressent, à le comprendre et à l’exprimer. Les enfants comme les adultes peu matures doivent être protégés, car ils sont incapables d’accepter sans subir.
Accepter c’est pouvoir se projeter comme acteur de changement quand subir laisse à autrui cette responsabilité.
Accepter sa vie ne veut pas dire s’en satisfaire en l’état, mais découvrir ses potentialités et les cultiver selon ce que nous sommes, ce qui semble juste et nous paraît souhaitable ; c’est prendre les manettes de notre existence pour la diriger sans attendre d’y être autorisé, sans désir d’être accompagné ni besoin d’être encouragé, car le courage provient alors de l’élan du cœur.
À l’inverse, subir inhibe l’action, entraine des ressentiments ou entretient une passivité mortifère. Subir se résigne ou récrimine ; quand il revendique, il attend qu’un autre assouvisse ses attentes, car il abdique sa capacité d’y répondre. En cela, il n’offre rien à la communauté dont il exige considération ou réparation. Subir donne le pouvoir à l’extérieur.

Accepter, c’est être en mesure d’accueillir.
Accueillir le semblable, le différent, le présent, les évènements ; s’accueillir aussi, avec bienveillance, avec compréhension, car nul n’accepte ce qu’il ne peut comprendre ; nul n’accepte s’il ne peut épouser sans peur ce que la vie propose d’imprévus heureux ou malheureux.
Entre accepter et subir, un espace donne à la plainte ou à la force d’avancer, un terrain d’expression. Accepter est une porte qui mène au changement, à la reconnaissance, à la compréhension d’une situation, d’une relation, d’un état et permet d’envisager un avenir à portée de réalisation.

Tant que nous subissons le quotidien, les situations, les émotions, nous favorisons l’impuissance ; mais nous pouvons aussi décider d’accepter sans ciller notre profonde puissance !

 

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