État des lieux

 In La rubrique de Frédérique

Inutile
Inutile à tous les coins de rue
Inutile à tous les points de vue
Inutile s’invite aux différents étages de nos existences et vient dire, quand il se montre sans fard, qu’il est temps de revisiter les acquis pour réévaluer ce qui donne sens à l’existence.

C’est là que derrière Inutile se faufile Difficile qui lucide, reconnaît les ruses cachées qu’instille Inutile pour perpétuer son influence.
Inutile de se plaindre, cela n’aide pas l’indépendance.
Inutile d’avoir peur, cela ne domine pas le danger.
Inutile de médire, cela ternit les rapports humains
Inutile de jalouser, cela coupe la créativité
Inutile d’attendre d’un autre qu’il comble nos manques, c’est peine perdue, chronique d’un désastre annoncé et source permanente de déconvenues.
Inutile de s’abîmer dans les abysses de l’insatisfaction,
Inutile de répéter inlassablement les mêmes erreurs, les mêmes travers,
Inutile de faire les mêmes constats, et pourtant, c’est une overdose d’Inutile qui autorise parfois, son autodafé.
Alors, Inutile sacrifié sur le bûcher de l’analyse, autorise enfin Utile à s’engager sur une voie plus constructive.
Et là Difficile surgit en assumant sans complexe sa position. Exit l’attitude chagrine face aux présents décevant, car ils éclairent les jeux d’ombre et de lumière qui agitent nos intérieurs.

À chaque pas nouveau, l’occasion d’un tri s’ourdit.
Sur l’échelle du noir au clair, que garder ? Qu’évacuer ? Que reconnaître ? Que transformer ?
L’Inutile précieux, car apparu comme tel, continue de jouer les kamikazes en cherchant à infiltrer imperturbablement nos aires de Je.
Reconnu pleinement, il est abandonné, laissé pour compte, discrédité.
Mais entrevu sans réelle considération, sans réelle volonté d’en découdre, il ne cède pas ; il joue alors les arapèdes sur le roc de nos habitudes, et continue d’occuper sur l’espace de nos inconsciences, nos zones de complaisances et de manigances.

Lâcher l’inutile parfois désempare !
Quel avenir sans inutile ?
Quel devenir sans inutile ?
Quel plaisir sans inutile ?
Quelle question bien inutile qui vient inutilement remplir les feuilles vierges de mots qui n’ont d’autre utilité que de prouver une inutilité partielle, totale, profonde, mais qui une fois admise éclaire pour un temps, une plage d’essentiel à saisir.
Cela souligne une fois de plus que lorsque Inutile s’ébroue, les mêmes choses se représentent sempiternellement pour dénoncer l’inanité des comportements qui valorisent le futile au point d’aliéner et d’ôter tous moyens de goûter au plein sens de l’existence.

Mais difficile n’est pas impossible ; Utile se faufile et coiffe Inutile sur le fil, quand il soutient les réalisations qui contribuent sans réserve au bien commun.
Pas Inutile, pas facile de s’inscrire pour servir et donner à l’existence tout son sens, mais tout à fait plausible !

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