Gagner n’est pas compétiter

 In La rubrique de Frédérique

Citer ses sources

 

Gagner n’est pas compétiter ! et l’on se fourvoie allègrement au sujet de la compétition. On la limite à un challenge, à un affrontement, à une victoire remportée sur un autre ou encore à une émulation, alors qu’en deçà, il s’agit de triompher de soi-même.
Compétiter n’est pas s’élever dans la hiérarchie des hommes en gagnant ses galons de supériorité, mais gagner en maîtrise de soi pour grandir en sérénité.
Rien à voir !

La compétition nous leurre, car nous la comprenons à l’envers.
Oui, nous avons à nous perfectionner. Oui, nous avons à dépasser les limites que nous atteignons à mesure qu’elles se présentent, mais pas pour triompher de l’autre, pour triompher de nos enfermements !
Savoir que nous pouvons gagner sur l’inertie qui parfois envahit ; savoir que nous pouvons gagner en lumière dans la sombreur de nos prisons ; savoir que nous pouvons gagner en connaissance, en sagesse, en bonté, en vérité, en beauté, ce n’est pas asseoir sa suprématie sur un autre, mais chercher à régir notre petite personne en toute humilité.

Le projet de tout un chacun dans l’existence est de se parfaire, d’aller vers le mieux et de gagner ainsi en conscience. Et si croissant en conscience, nous gagnons en consistance, c’est de consistance subtile dont il est question.
Nous avons souvent confondu la consistance avec le poids que nous pourrions exercer sur nos semblables ; nous en avons même parfois joué avec satisfaction, en nous sacrant vainqueurs de combats qui paraissaient fondamentaux alors qu’ils n’étaient que mirages.
Laissons tomber le désir de pouvoir, le désir de l’emporter, le désir de régner pour devenir puissance au service d’un Tout qui n’a nul besoin de dominer.

Nous nous trompons au sujet de la compétition. Devancer, dépasser, gagner, triompher, ne se conjuguent pas avec l’autre, sauf à s’enfermer dans un séparatisme guerrier. Mais gagner, triompher des forces qui manipulent et empêchent d’atteindre les rives du bien commun, voilà qui ouvre de nouvelles perspectives.
Toujours plus haut, toujours plus grand, toujours plus léger, et toujours plus aimant, c’est ça la gagne qui nous est proposée ; et là, il n’y a pas de compétition. Là, il n’y a qu’une nécessité de croître vers, en offrant le meilleur de nous-mêmes à l’ensemble.
On ne gagne pas sur l’ensemble, on ne le domine ni ne le surpasse ; on ne l’assujettit pas, mais on l’enrichit de notre noblesse quand on ne le nourrit plus de nos erreurs et de nos ombres.

C’est donc au triomphe de l’essentiel que l’existence nous invite, et nous n’y parvenons qu’en cessant de guerroyer pour l’obtention d’une illusoire reconnaissance. C’est en s’offrant sans compter, sans ostentation à la mission que nous remplissons sans en être toujours conscients que nous y parvenons. Et c’est en cessant toute compétition que nous gagnons véritablement nos lettres de sagesse.
Et là, ni podium, ni médailles, mais la joie de participer.

Contact Us

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

Start typing and press Enter to search