Incarnation à choix multiples

 In La rubrique de Frédérique

Choisir c’est mourir un peu, mais c’est aussi grandir, accepter de s’engager sur un chemin et découvrir les effets d’une décision qui nous est propre. Choisir c’est approfondir, car le vécu enseigne, y compris lorsque les leçons exigent de réitérer maintes et maintes fois le tracé de la chose à apprendre, car elle s’intègre mal.

De peines en joie, de réussite en échec, d’attirance en répulsion, l’humain découvre en lui-même une boussole intérieure qui l’incite à diriger son existence.
Choisir est une affaire de conscience et de libre arbitre qui supplante l’instinct, cette faculté animale dépourvue d’alternative.

Mais choisir peut endolorir, car tout choix porte en lui, le risque d’une erreur. Or, l’erreur bien qu’humaine se double parfois d’humiliation. À tous les étages de la « maison compréhension », l’erreur peut élire domicile ; de la cave au grenier, elle gagne avec ses lettres de noblesse, ses habits de vaillance, quand elle découvre avec bonheur, le théorème de l’expérience : « Quiconque se fourvoie a tenté, là où d’autres n’ont pas même essayé. » Choisir, c’est alors s’enrichir.

Choisir, c’est consentir à se tromper en réalisant qu’homme et femme ne peuvent savoir avant de connaître. Erreur d’une certaine humanité qui s’égare à penser que l’homme ou la femme ne se juge et ne se jauge qu’à l’aune de la réussite. Erreur humaine encore, qui accorde plus de poids à l’arrivée qu’aux tribulations qui y mènent. Si le but aide à se projeter, le chemin fournit matière à se transformer, à se magnifier, et ouvre toujours plus subtilement sur l’au-delà des apparences.

Choisir, c’est accepter de partir en découvertes, c’est comprendre qu’à tout instant l’homme comme la femme a le loisir, sur un plan ou un autre, d’élire un possible et d’envisager un avenir. Tout choix inscrit l’individu dans le temps, cet espace de réalisation qui voit s’écrire l’histoire de la conscience sur des feuillets qui retracent l’existence.

 Avec le temps, tout est là, et chaque instant propose de mourir, de grandir, d’approfondir, de s’enrichir, de pâtir, de subir ou de consentir à épouser pleinement l’aventure de l’incarnation. Choisir permet d’être présent à ce que nous vivons ou de nous en échapper machinalement.
Chacun, chacune peut nourrir des pensées qui ouvrent les perspectives ou cherchent à les fermer ; chacun, chacune peut relayer des mémoires et leur lot d’émois denses ou subtils, cultiver l’accueil ou l’attente, servir le bien commun ou le plaisir particulier, s’offrir ou souffrir, aimer ou haïr et occuper ainsi sans discontinuer les terrains de la conscience et ceux d’une bienheureuse ou malencontreuse inconscience.

Choisir, c’est mourir un peu, mais ne pas choisir c’est occire toute occasion de progrès.
À choisir, mieux vaut opter pour l’avenir qu’entretenir un passé, jonché de déjà vu et de certitudes éculées. Laisser choir hier, pour aimer aujourd’hui et construire demain, pose naturellement la question de choix éternellement revisités.
Choisir c’est alors obéir aux lois de l’évolution et jouir de cette opportunité !

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