Transfuges

 In La rubrique de Frédérique

Transfuge rime avec refuge, avec subterfuge ; mais si la rime n’est pas synonyme, elle tisse des connivences singulières qui échappent au regard négligent. Ainsi, passer du je au nous, n’est pas subterfuge, encore moins refuge, bien qu’une fois ce transfuge opéré, un climat de sérénité s’installe naturellement. Cette mutation résulte de l’abandon du jeu individualiste, dans l’optique de souscrire et d’accompagner les choix collectifs de l’âme.

Le transfuge n’est donc pas traîtrise, mais désertion d’une zone qui ne fait plus sens pour une autre teintée d’autres valeurs. En passant d’un monde à l’autre au sein d’une réalité qui semble pourtant unique, le transfuge parle d’un aller vers de nouveaux cieux sans pourtant changer radicalement d’apparence. Cette migration invite à explorer le royaume de la conscience d’ensemble ; tout reste identique dans le tableau phénoménal ; il habite le même espace, rencontre les mêmes personnes, poursuit ses diverses occupations, mais les motifs qui président à ses pensées, à ses paroles, à ses actions répondent à une autre logique. Il délaisse l’espoir d’une satisfaction personnelle et aspire à servir le bien commun. Ce transfert d’une conception individualiste du monde à une conception systémique fait de tous les chercheurs de vérité, des transfuges parlant le langage de l’âme sur les rives de la personnalité. Celle-ci devient l’interprète de l’essence au pays de l’existence.

Le trans traverse les espaces, il s’exprime dans nos sociétés jusqu’aux plans les plus denses. Jusqu’au concept de genre qui fait débat, jusqu’à l’idée de trans sexualité qui traduit l’expression vibratoire au niveau physique, d’énergie qui nous influencent et qui révolutionne fondamentalement nos manières de penser et de vivre les opportunités quotidiennes.
Tout dans l’univers est mouvement qui prend corps et puissance en reliant les particules polarisées sur les plans denses ou subtils dans une attraction-répulsion entre éléments positifs ou négatifs, entre particules masculines et féminines, sans qu’aucune valeur compétitive n’affecte ces termes. Ce sont ces briques fondamentales et fondatrices qui ont permis la découverte de l’électricité. Grâce à elle, l’ombre a pu révéler ses mystères, le monde s’est découvert, les idées se sont faites lumineuses et certains phénomènes perdirent leurs secrets.

Le trans n’échappe pas aux polarités il se fait moins, face à un plus et plus, face à un moins ; non qu’il ne sache pas qui il est, mais parce que son identité n’est qualifiée qu’en fonction d’un contexte, d’un tout multipolarisé auquel il s’adapte et s’accorde au mieux. Le passage de l’essence à l’existence comme celui de l’existence à l’essence lui permet de naviguer à l’envi dans deux mondes et de jouer sa partition sur tous les plans de la manifestation. En passant et repassant à travers les champs polarisés, il vient agiter les substances de nos pensées, de nos émois, de nos cristallisations et permet aux mobiles de la conscience d’ensemble de s’immiscer et de s’ancrer sur les espaces encore individués. Grâce à nos capacités communes de transfuges, nous évitons ainsi de nous réfugier dans des espaces clos, enfermants, aliénants.

Joli subterfuge qui fait du transfuge, un allié du vivant, un serviteur de l’union et un empêcheur de tourner en rond.

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