L’humilité est un privilège
L’humilité est un privilège. Le privilège de celles et ceux qui ont appris à se connaître. Car il faut se connaître pour savoir ce que l’on est, ce dont on est capable, l’accepter, l’assumer… et à partir de là, faire de son mieux pour aller dans le sens de l’évolution.
Seul le changement s’affiche avec constance. L’humble le sait. Il ne s’accroche donc pas à l’image qu’il a de lui-même. Conscient de sa place sur le Sentier, il ne cherche pas à prendre racine. Il avance. Pas à pas, dans le sérieux, le banal, l’imprévu et parfois même la drôlerie du quotidien.
L’humilité est un privilège, parce qu’elle offre une liberté rare, celle d’opter pour ce qui semble juste, sans chercher à être plus, sans penser être moins, sans attendre de reconnaissance particulière. L’humble ne se définit pas par une position, un statut ou une image. Il sait qu’il est être en chemin, un apprenant permanent sur la voie de l’existence.
L’humilité n’a rien d’une posture passive ou d’un effacement confortable. Elle est une attitude active, exigeante. Elle incite à la présence. Elle inscrit chacun dans le mouvement d’un objectif qui, une fois atteint, ouvre aussitôt de nouveaux champs d’investigation. Car avancer, c’est découvrir que chaque sommet n’est jamais qu’un point de vue sur un autre horizon.
L’humilité encourage à offrir le meilleur et à s’engager pleinement dans l’accomplissement de la mission, petite ou grande, à laquelle nous avons choisi de nous consacrer. Elle naît de la manière dont nous nous nous impliquons dans une tâche, un projet, une mission, sans réticence, sans orgueil, sans découragement. L’humble demeure présent. Il fait face, il persévère, il chemine avec la joie profonde de savoir pourquoi il agit et le pouvoir s’y donner tout entier.
C’est pour cela que seul celui qui se connaît véritablement peut faire preuve d’humilité. À défaut, nous nous leurrons facilement avec des histoires qui servent à justifier ce que nous croyons être.
Nous confondons alors humilité et modestie, humilité et non-engagement, humilité et refus de prendre toute la mesure de nos possibilités ; parfois pour éviter d’agir, de nous exposer ou d’avoir à rencontrer l’effort. Car l’humilité coûte. Elle demande de s’investir. Sans investissement, sans projet, sans engagement, l’humilité n’est qu’un mot, mais lorsqu’elle prend corps au cœur de nos vécus, elle est un premier pas vers l’impersonnalité, à condition, bien sûr, de ne pas se revendiquer impersonnel !
L’humble est celui qui offre le meilleur de lui-même et n’espère rien en retour. Car l’humble n’attend pas. Il cherche à être. Tout simplement. Mais le simple peut s’avérer plus compliqué qu’il n’y parait.
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