Même pas vrai !
La lumière c’est le vrai qui apparaît pour disparaître dès qu’un autre vrai relègue au rang du « c’est plus vrai », le vrai passé !
La lumière, c’est ce qui permet de voir, ce qui permet de comprendre, d’établir des rapports entre les choses, entre le fond et la forme, entre la cause et l’effet, entre l’au-delà et l’ici-bas.
Elle donne existence aux contrastes qui seuls peuvent dessiner les contours d’un objet sur un fond. De même, c’est le contraste qui distingue, sur fond de paix ou de troubles une émotion, une pensée qui prend corps.
Pour se représenter quelque chose il faut pouvoir l’identifier, faire la lumière sur ce qui est.
À défaut, nous traversons l’existence en aveugles, sans comprendre et donc sans pouvoir nous diriger.
Que voyons-nous des états du monde ?
Que repérons-nous des espoirs des uns et des autres ?
Qu’en saisissons-nous ?
Sans lumière rien ne s’éclaire.
Or c’est à voir plus clair que nous devons nous atteler pour comprendre le monde, et identifier les difficultés qui se présentent à nous, uniquement pour que nous en venions à bout. Car sans discerner les difficultés, sans réaliser les tenants et les aboutissants d’un problème, pas beaucoup de chance de le résoudre.
D’autant que parfois, par manque d’éclairage, ses tenants et ses aboutissants se donnent des airs de grande intelligence qui ne sont qu’écran à une réelle compréhension.
Un problème n’est là que pour que nous trouvions une solution, et toute solution éclaire nouvellement les choses en nous permettant de les voir avec plus de hauteur et de distance.
La lumière c’est ce qui permet de prendre une métaposition en toute circonstance. C’est ce qui permet de se désidentifier de nos aliénations, des liens que l’on pense indispensables alors qu’ils ne sont bien souvent qu’accessoires.
La lumière c’est ce qui permet de différencier l’utile du futile, ce qui permet d’adapter l’objectif en sachant qu’il ne capte du paysage qu’une parcelle d’un tout qui le dépasse ; c’est ce qui permet de ne pas prendre la photo pour la Réalité.
Comprendre n’est jamais qu’une entrée dans un monde plus grand.
La lumière c’est ce qui permet de voir que ce qui est compris aujourd’hui est une étape qui ouvre sur demain et non éternelle certitude. Elle délimite le champ de l’expérience sans cesse à réinterroger avec intelligence pour en comprendre les causes et réaliser combien l’absence de lumière est le cachot de la conscience.
Alors portons sur le monde et sur le quotidien un regard neuf pour doter nos jours comme nos nuits de nouveaux éclairages capables d’estomper l’ensemble des ombres qui entachent les justes relations humaines.
Sortons des limites des halos dans lesquels nous sommes installés pour ouvrir nos espaces et éclairer toujours plus subtilement ensemble, le champ des possibles.