Permis de sublimer

 In La rubrique de Frédérique

 Sublimer est donc permis, mais ce n’est pas parce que c’est permis que l’on doit, que l’on peut, que l’on souhaite s’y atteler. Tout permis n’oblige pas ; il ne manquerait plus que ça ! Un permis qui se respecte ne peut être privation de liberté.
Ainsi tout individu avec un permis de conduire en poche n’a pas toujours le loisir de conduire, l’envie d’aller d’un point à l’autre, de s’immerger dans la circulation, de se confronter à ses règles, et de se retrouver pris dans un flux qui parfois l’oppresse. Non !
Permis de conduire signifie possibilité offerte et reconnue de conduire, non-obligation de conduire ; et c’est heureux, car si tout ce qui est permis devenait obligé, nous croulerions sous les injonctions et il ne serait plus permis de respirer.

Idem pour le permis de sublimer. C’est permis, c’est possible, c’est autorisé, c’est même conseillé, mais ce n’est pas pour cela que l’on s’engage aveuglément dans ce que ce permis nous propose. Le permis est une invitation ; une invitation qui peut ravir, ennuyer, voire affliger selon les aléas qui se dévoilent. Et s’il est permis de sublimer, l’invitation à sublimer, quand elle émane d’un tiers a pour fonction de hérisser le poil plutôt que de mettre en condition de traiter la chose avec délicatesse, dans le creuset alchimique de notre intériorité.

La sublimation de la neige au soleil, la transmutation d’un état en un autre plus subtil a de quoi séduire, mais les « calme-toi » ou les « reprends-toi » que l’on s’adresse ou que d’autres nous suggèrent, sans comprendre vraiment nos besoins ou nos émois du moment, ne sont pas toujours bienvenus. Ils ratent leur objectif en venant ajouter leurs poids au plomb, qui chauffé à blanc dans l’athanor, ne répond pas à l’injonction de transformation.
C’est une loi ; il est permis de sublimer et le mode d’emploi pour y parvenir est connu ; maintes fois suivi, maintes fois réussi, mais maintes fois refusé aussi, car ce permis hésite à se montrer lorsque la sublimation invite à se défaire de ses travers, sans espoir de les retrouver.

Il est toujours difficile de se départir de ses effets et d’opter pour une attitude certes sublime, mais qui oblige à adopter une autre identité encore impossible à tenir en toute circonstance. Mais qu’importe ce qui est permis, car ce qui est permis et validé une fois fait jurisprudence. Qui sublime une fois une situation, peut retrouver à l’envi le processus qui a déjà fait ses preuves. C’est un chemin qu’il est permis à chacun d’emprunter pour retrouver quelque sérénité.
Permis de sublimer oui, permis d’être serein oui, mais il ne faudrait quand même pas oublier le permis de râler qui, du fait même d’exister permet de mobiliser en permanence le permis de sublimer.

Sublime, même quand ça fait râler !

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