Plus et moins

 In La rubrique de Frédérique

Plus sans moins, moins sans plus, et la vie s’arrête quand le fluide animateur cesse de passer de l’un à l’autre. Plus et moins ne sont pas égaux, car alors ils n’autoriseraient pas à unir ce qui diffère et se terreraient sur un point qui n’appelle et que n’appelle plus aucun pôle. Un point perdu sans autre perspective que d’être point, ad vitam aeternam sans possibilité d’évolution, de relations, d’introspection.
C’est de la différence que naît le mouvement ; celui-ci n’est ni linéaire, ni unilatéral, il existe dans toutes les dimensions et chaque point est un épicentre en lien avec d’autres points qui passent de plus à moins et de moins à plus, relativement aux points alentour.
Un système est mort ou moribond quand il gèle ses pôles au point d’arrêter ou de ralentir exagérément le mouvement. Le plus est indispensable au moins et vice versa, dans un rapport qui n’est pas hiérarchique, mais relationnel.

Les plus et les moins se partagent l’espace des possibles pour y créer un mouvement qui incarne ce que nous sommes en capacité de penser. Penser le monde de demain exige donc de reconnaître chacun, chacune, chaque entité, chaque place comme un point dont la polarité varie en fonction des heures de l’existence et des parties à qui il se relie ; dans ce recevoir et donner, autre plus, autre moins, nous sommes invités à être des passeurs. À trop recevoir, nous risquons l’overdose mortelle, à trop donner la dévitalisation létale. À trop prendre ou à trop exiger, le même déséquilibre contamine les rapports qui se nouent entre individus, entre sociétés, entre nations.

Penser le monde dans une danse qui suit le tempo du juste qui se réinvente à chaque instant, permet d’être une partie bipolarisée qui joue son rôle au plus près de ses possibilités. Chacun, chacune est indispensable à sa place, à sa fonction pour permettre au tout d’exister. Quand nous fonderons nos sociétés sur le constat que nul ne peut se passer de l’autre et le nécessaire respect que cela exige, nous chercherons à développer les valeurs qui prônent le bien commun et non le bien particulier, car dans cet ordonnancement entre les parties et le tout, toute partie qui arrête le mouvement pour son bénéfice propre court le risque de l’embonpoint et de la sclérose.

Penser les différents domaines de l’existence dans l’échange est indispensable. L’économie ne peut exister sans l’humanitaire qui ne peut se développer sans l’éducation qui exige de prendre en compte et de respecter la Terre, les Terriens et toutes les ressources qui sont un bien commun que nul ne peut exploiter pour son profit propre.
Tout cela, nous le savons plus ou moins, mais c’est en mariant plus et moins que nous sortirons de l’embonpoint ou du manque chronique et que nous gagnerons un à un les points qui permettent de conquérir ensemble, la paix.
Sans plus, sans moins, pas d’existence. Apprenons à passer de l’un à l’autre dans la joie d’être vecteur de mouvement, et l’humilité de celui qui reconnaît que nul ne peut être sans autre.

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