Pour qui sonne le glas ?

 Dans La rubrique de Frédérique

 

Pour qui sonne le glas ? Pour qui, pour quoi ? Pour la personnalité, pour les idées qui n’ont plus lieu d’être, pour les émois séparatistes ? Et pourquoi ? Car selon qu’il s’écrit en un ou deux mots pourquoi n’a pas le même sens. Quand il est unifié pourquoi pose question.
Pourquoi faut-il que le glas sonne pour tel ou tel ? Pourquoi ce son qui résonne dans le silence ? Pour appeler chacun, chacune à se souvenir, non de celui pour qui sonne le glas, mais de l’impermanence des formes et de la nécessité de leur disparition pour que le nouveau puisse prendre place.

Pourquoi sonne le glas ? Pour nous permettre d’évoluer ? Pour rappeler que tout est cycle, que tout naît et meurt pour célébrer la vie qui, elle dans son essence, ne s’arrête jamais.
Mais pour quoi sonne le glas ? Pour quels attachements ? Quelles idées vient-il habiller d’obsolescence ? De quels émois chante-t-il l’absence ? C’est à chacun, chacune de le découvrir.

Le monde change plus vite qu’il n’a jamais changé de mémoire d’homme et de femme. Les rapports que régissent leurs relations aussi. Les gesticulations des hommes de pouvoir qui pensent pouvoir régenter le monde comme ils gèrent leur entreprise ou leur famille appartiennent à un autre temps. Ils se pavanent et s’agitent tous azimuts sans se remettre en cause. Pourquoi ? Pour qui ? Pour que de cette incohérence, pour que de cette incompétence criante apparaissent comme un chant du cygne et invitent tous les êtres pensants à trouver une solution.

Le monde n’a plus à être gouverné par un seul homme, mais par des ensembles. Aujourd’hui la politique est l’affaire de tous et seule notre cohérence permettra qu’il ne s’égare pas.
Notre cohérence entre nos idées et nos façons de consommer, notre cohérence entre les valeurs d’amour que nous prônons et les multiples manifestations de l’égoïsme auxquelles nous faisons place. Notre cohérence entre nos idées globales et nos plans particuliers, notre cohérence entre notre intention et sa mise en œuvre. C’est cette énergie de cohérence qui invite à repousser tout ce qui fait barrage à la manifestation de plus justes relations.

Quand on cherche à créer un monde plus juste, on abandonne le pouvoir qu’on cherche à avoir sur l’autre pour mettre son énergie au service de l’amour, accueillant et respectant tous ceux qui servent avec plus ou moins de bonheur le même plan que nous.
C’est donc pour les idées personnelles, les désirs personnels, les attentes personnelles que sonne le glas. Son battement qui déchire l’atmosphère nous rappelle que si nous voulons faire naître de nouvelles relations, il faut accepter de mourir à tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, les entrave. Sacré travail, mais travail sacré, sacrément exigeant qui sert la vie que nous sommes là pour servir.

Pour quoi, pour qui sonne le glas ? Pour signifier que le terrain est prêt à accueillir le nouveau.

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