Réponse ou résultat

 In La rubrique de Frédérique

Nous sommes la résultante d’un passé proche ou lointain. Le fruit d’expériences heureuses ou malheureuses, d’apprentissages voulus ou subis, de rencontres porteuses ou entravantes, de relations qui furent tremplins d’ouverture ou voies d’enfermement.
Mais résultat n’est pas réponse.

Si chaque problématique traversée individuellement ou collectivement est le résultat, la conséquence de ce qui l’a précédé, il nous appartient d’apporter une réponse qui échappe aux poncifs préexistants. On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré, disait Einstein.
En ne se basant pas uniquement sur un résultat pour décrier ce qui s’est passé antérieurement, en ne condamnant pas systématiquement les effets délétères de comportements révolus, en ne traitant pas les difficultés indépendamment de contextes plus globaux, une conception plus holistique se dessine et dévoile un espace de réponses et d’autres perspectives. Le libre arbitre de chacun peut alors s’exercer et adopter au présent un regard qui engage l’avenir dans une vision inédite, voire encore utopique.

Le passé, les erreurs sont là ; les réussites aussi, mais se fixer sur hier ne permet pas de se renouveler et d’envisager des possibles qui ne seraient pas redites ou répétition. L’imagination n’est toujours pas au pouvoir et laisse le champ libre aux rengaines maintes fois exprimées.
Notre peur du nouveau est aussi le résultat d’un conditionnement sociétal, d’attachements à un confort, à des habitudes, à des représentations, à des fonctionnements qui portent leur lot de satisfaction et d’insatisfaction. Cela alimente inlassablement les inégalités et les rancœurs quand chacun aspire à plus d’avoir, plus de dignité ou plus d’essentialité.

Le résultat est patent et nous devons aujourd’hui répondre non pas à ce qui a été, mais à ce qui va pouvoir être pour progresser ensemble vers de plus justes relations.
En confondant réponses et résultats, nous attendons des solutions immédiates aux situations présentes, des réparations, des propositions en phase avec nos revendications alors qu’il s’agit ensemble d’inventer et de construire des réponses salvatrices capables de générer des lendemains qui permettront à chacun de se reconnaître comme partie prenante d’un futur commun.

Mais cela demande et exige de sortir du « moi d’abord », cette posture si répandue qu’elle aliène toute vertu fraternelle au rivage du personnel. Celui-ci peut être individuel familial communautaire national, celui-ci marque toujours une séparation donc une exclusion de celles ou ceux qui n’appartienne pas à notre champ délimité. Nous en sommes là et l’essentiel des problèmes que rencontre le monde aujourd’hui, tient à cette vision limitée du contexte dans lequel nous évoluons.
Penser pour soi au mépris de l’autre est un calcul à court terme qui montre aujourd’hui ses limites. Le résultat est un monde inégalitaire où les souffrances des plus démunis sont vues et mal traitées faute de réponses collectives, faute de réponses résultant d’une pensée plus globale.

À nos réponses…

 

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