S’aimer jusqu’à l’overdose

 In La rubrique de Frédérique

S’aimer jusqu’à l’overdose, c’est le programme prescrit à une classe d’humains en passe d’intégrer l’école de la maturité ; ceux qui s’y inscrivent y souscrivent avec ostentation. Certains, pour donner plus de poids à l’engouement qu’ils déploient pour eux-mêmes font du zèle et cultivent plus avant l’importance qu’ils s’accordent en faisant mine de se détester. Convaincus d’être indignes ils se préoccupent prioritairement d’eux-mêmes et se soucient d’eux, au-delà de l’entendement. C’est le côté vache de l’amour !

Cet attrait irrépressible pour soi et les soubresauts de son nombril se vit en exclusivité, même lorsqu’il se donne à plaindre sans retenue, pour gonfler sans complexe l’appétence de soi.
Sur la scène du quotidien, nous avons le premier rôle et l’ensemble des protagonistes de la pièce que nous jouons sont là pour doper sans modération la considération que nous nous portons. Qu’importe l’état du monde, nous cultivons une formidable histoire d’amour avec nous-mêmes dans une bulle qui protège d’un souci de justice et d’équité qui pourrait bénéficier à tous.

Pour celles et ceux qui affichent sans masque la fierté de vivre avec eux-mêmes, leur romance a le mérite d’être claire, mais dans tous les cas, les hommes et les femmes uniquement soucieux de leurs petites personnes exercent leur talent au mépris des causes qui bénéficient à l’ensemble de l’humanité. Persuadés que cet intérêt exclusif est le but de l’incarnation, ils sont friands d’eux-mêmes, à l’envi et ravis d’occuper pleinement leur esprit de préoccupations narcissiques. C’est une erreur, un non-sens, voire un contresens.

Cette étape de l’amour ou de la détestation de soi qui n’en est qu’une variante est un palier intermédiaire, un temps absolument nécessaire pour acquérir ses lettres d’autonomie ; une fois ce stade atteint, le chemin se poursuit et propose un nouvel acte qui élève chacun au rang de joyeux serviteur travaillant pour la communauté humaine et la Terre dans son ensemble.
En phase de transition, le côté joyeux n’est pas toujours flagrant, car l’enthousiasme défaille quand il faut renoncer aux privilèges et à l’importance personnels. La crainte de perdre certaines prérogatives dans la mission qui se profile, fournit toutes les raisons de sacrifier, non l’image de nous-mêmes, mais la poursuite de l’aventure.

Va-et-vient, yo-yo entre appel de l’ensemble et passion égotique, deviennent les marées qui agitent le quotidien tant que nous ne sommes pas submergés par une overdose de narcissisme qui vient questionner ce qu’aimer veut dire.
Notre définition de l’amour date et notre difficulté à quitter les références passées pour entrer dans cet espace où le Tout redevient notre Terre d’appartenance, s’estompe doucement.
L’avenir du genre humain passe par cette nécessaire overdose pour que le goût des autres et de la communauté prime sur l’intérêt particulier. Alors la joie d’être ensemble et de concourir à la mission globale pour le bien de la Terre et tous les Terriens devient l’objectif à kiffer sans modération.

Ainsi vont l’amour et la désintoxication progressive de nous-mêmes qui confèrent la liberté d’être à celles et ceux qui se savent cellules d’humanité, et concourent à la révélation de l’unité.

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